Deutsche Bank et UBS défendent leurs modèles de BFI malgré la tourmente
La débâcle du fixed income se confirme. Après le recul de 25% des banques américaines dans les produits de change et taux au troisième trimestre, Deutsche Bank a publié hier un produit net bancaire (PNB) en retrait de 48% dans cette activité, à 1,3 milliard d’euros. La banque allemande, leader mondial des devises, a subi de plein fouet les incertitudes des investisseurs après le revirement de la politique monétaire américaine. La Fed a en effet décidé de continuer ses injections de liquidités, à revers du mouvement attendu de hausse des taux d’intérêt.
Au total, la BFI de Deutsche Bank fléchit de 26%, avec un PNB de 2,9 milliards d’euros. Pour autant, la banque allemande compte rester l’un des premiers acteurs mondiaux du fixed income, estimant que le rendement des fonds propres «de cette activité va se stabiliser pour couvrir et même excéder le coût du capital pour les plus grosses firmes», a déclaré Anshu Jain, son co-directeur général. Le groupe a fusionné ses divisions taux et crédit pour réduire ses coûts et annoncé cet été une réduction de 16% de son bilan pour 2015, mais il ne compte pas suivre la voie de Credit Suisse qui a annoncé la semaine dernière un net recentrage de ses équipes taux.
De son côté, UBS limite la casse. En retrait de 25% au troisième trimestre, à 312 millions de francs, le fixed income pèse seulement 18% des revenus totaux de la BFI. Ceux-ci fléchissent de 7% seulement, à 1,7 milliard de francs suisses (1,37 milliard d’euros). La première banque suisse avait annoncé il y a un an tout juste sa quasi-sortie des marchés obligataires jugés trop gourmands en fonds propres, après une perte de trading record.
Au total, la rentabilité globale de la BFI d’UBS quadruple d’une année sur l’autre, quand celle de Deutsche Bank chute de 73% (hors éléments exceptionnels). Mais en banque d’affaires (M&A et marchés primaires), le PNB du groupe suisse recule de 21%. Deutsche Bank se maintient (-3%), mais sa division d’investment banking atteint son plus bas niveau depuis le 1er trimestre 2012.
Les deux groupes retrouvent en revanche des couleurs sur les marchés actions. Bien qu’en recul de respectivement 18% et 20% d’un trimestre sur l’autre, leur activité progresse sur un an de 8% chez Deutsche Bank et de 23% chez UBS, qui confirme son statut de maison equity. Là encore, les groupes européens suivent la tendance observée chez les banques américaines: leur PNB dans les actions a crû de 9,7% au troisième trimestre.
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