Des fusions entre opérateurs télécoms diminueraient la subvention des terminaux
La subvention des terminaux mobiles, si elle a dans un premier temps contribué à développer le marché, a désormais pour objectif principal de fidéliser le client et d’accélérer le taux de pénétration des smartphones. Les opérateurs espèrent ainsi que la croissance de la consommation de données et de services multimédias stimulera un chiffre d’affaires en déclin sur le marché de la voix.
L’agence Fitch estime néanmoins que ce subventionnement «est une épine dans le pied des opérateurs européens car il aboutit à une diminution des marges et à une volatilité accrue des revenus». Le niveau des subventions, qui peut atteindre 15% du chiffre d’affaires, serait considérablement réduit en cas de fusion entre opérateurs dans un même pays, ce qui leur permettrait de concentrer leurs efforts sur la qualité du réseau.
«Bien que la subvention des terminaux soit également pratiquée aux Etats-Unis, la consolidation du marché bien plus avancée qu’en Europe confère aux deux opérateurs Verizon et ATT une position concurrentielle qui leur a permis de stabiliser leur marge d’exploitation, d’où une flexibilité financière plus importante pour investir», précise à L’Agefi Michael Dunning, managing director corporate finance chez Fitch. En Scandinavie, Telenor et TeliaSonera ont fortement réduit ces subventions. En Italie ou en Russie, où il n’y en a pas, les marges d’exploitation des activités mobiles dépassent 40% contre à peine plus de 30% en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France.
«Avec l’arrivée récente d’un quatrième acteur en France et la dégradation de la conjoncture, la pression à la baisse sur les marges du secteur devrait s’intensifier, d’autant plus que les gains de productivité attendus ne suffiront pas à réduire la base de coûts des trois grands opérateurs pré-existants et que le cadre réglementaire leur reste défavorable», juge Michael Dunning. Seulement 30% de la population française dispose d’un smartphone contre plus de 50% dans les pays nordiques.
«En contribuant à mettre en place un environnement concurrentiel plus stable, la fusion entre deux opérateurs d’un même pays, accompagnée d’une disparition du subventionnement des terminaux, conduirait à une remontée de plusieurs points de la marge d’exploitation du secteur en Europe», conclut-il, en estimant que les freins au processus de consolidation devraient rester élevés au cours des 18 prochains mois.
{"title":"","image":"78472»,"legend":"fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt