Des fonds LBO étudient des scissions d’actifs pour en faciliter la vente
Plusieurs fonds LBO, qui cherchent à céder certaines de leurs participations, étudient actuellement la scission de ces actifs pour pallier le tarissement du financement. «Des processus de vente, lancés début 2011, ont dû être arrêtés durant l’été. Les fonds doivent désormais se montrer plus créatifs», relève Julian Parsons, directeur exécutif chez KPMG Corporate Finance.
United Biscuits, détenu depuis 2000 par PAI Partners à hauteur de 22% et à parité avec Blackstone depuis 2006, consulte ses salariés en vue de la scission des activités de produits sucrés et salés, a indiqué un porte-parole de PAI, confirmant une information du Figaro. Alors que le groupe avait suscité des marques d’intérêt de la part d’industriels en 2010, les négociations exclusives avec le chinois Bright Food n’ont pas abouti. Le projet valorisait United Biscuits à 2 milliards de livres (2,4 milliards d’euros).
Alors que certains fonds «n’auraient pas eu les moyens de se positionner sur l’ensemble de l’actif, une scission de société permet d’élargir le nombre d’acquéreurs potentiels. Cela tend par ailleurs à tirer les valorisations vers le haut, les candidats pouvant plus facilement faire un effort et payer un prix plus attractif pour des actifs plus petits ayant un positionnement mieux défini», relève Patrick Eisenchteter, associé chez Motion Equity Partners, sans référence à une opération spécifique.
Par ailleurs,«nous constatons un retour en force des industriels, plus sélectifs. Il convient alors d’adapter le périmètre des actifs cédés pour ces candidats, qui ont plus de force de frappe car ils sont moins soumis au marché de la dette, actuellement difficile», indique Julian Parsons.
D’autres opérations d’envergure pouvent être amenées à se scinder pour arriver sur le marché, à l’image de Vivarte. Le groupe actuellement propriétaire des enseignes André, Kookaï ou Minelli avait été cédé en 2007 par PAI au fonds Charterhouse pour 3,5 milliards d’euros. Une scission par activités (chaussure et habillement), ou par géographie (centre ville et périphérie) aurait sa logique, selon des observateurs extérieurs.
Permira, qui a acquis le groupe de surgelés Iglo en 2006 pour 1,7 milliard d’euros, aurait mandaté Credit Suisse et chercherait à en retirer près de 3 milliards d’euros. «Vendre cette entreprise pourrait être compliqué car elle est assez grosse», indiquait fin mars une source à Reuters.
Plus d'articles du même thème
-
Le choc sur les taux préoccupe les gérants crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre d’autant plus prudent sur les spreads, ce mois-ci, que la forte hausse des taux souverains commence à avoir un impact qui incite à la sélectivité. -
Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
Les Bourses japonaises et américaines devraient à peine progresser sur les six prochains mois. Paris dispose de près de 4% de potentiel de hausse, juste de quoi effacer le retard accumulé depuis le début de l’année. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
Contenu de nos partenaires
-
DivanLycées, dette, budget : la France au bord du burn-out
L'accumulation inédite de crises intenses est révélatrice de l'attitude des Français face à l'école, au travail, à la politique, et à un modèle social qui n'a plus les moyens -
EditorialLycéens, actifs, retraités : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?
Rien de ressoude plus une société divisée qu’un ennemi commun. Or, cet ennemi existe : c’est la dette ! -
Passage en caisseLycées bloqués et émeutes : qui va payer la casse ?
Le mouvement lycéen entamé le 21 septembre dernier ne faiblit pas et vire souvent aux émeutes urbaines. Face à la casse, collectivités, Etat, régions, et contribuables s'inquiètent de devoir payer la facture