Des économistes français et allemands proposent une autre approche de la réforme de la zone euro
Faut-il, pour faire avancer la zone euro, plus de solidarité entre Etats, comme le réclament notamment les partis de gauche ? Ou au contraire assurer la stabilité de la zone en responsabilisant chacun, au moyen de règles au besoin plus contraignantes, comme le suggère fortement l’Allemagne? Il faut à la fois plus de solidarité et plus de responsabilité, affirme un groupe d’économistes aussi bien français qu’allemands – dont l’ancien patron de France Stratégie et conseiller économique d’Emmanuel Macron pendant sa campagne, Jean Pisani Ferry –, dans un rapport publié ce mercredi.
Plus de solidarité, dans l’intérêt bien compris des participants à l’Union économique et monétaire. Car le cas grec a bien montré qu’un pays en difficulté pouvait faire exploser l’ensemble de la zone. Ce qui n’empêche pas l’instauration de règles précises au niveau de chaque pays, destinées à assurer la stabilité. Notamment en matière de régulation bancaire.
Ainsi, la première des six propositions du groupe vise à «rompre le cercle vicieux entre risque bancaire et risque souverain, en pénalisant les banques dont l’actif est trop concentré sur une unique signature souveraine». Cette nouvelle régulation pourrait s’accompagner d’un renforcement des «mécanismes obligeant les créanciers des banques en difficulté à prendre des pertes» et d’une «pression des autorités de surveillance pour réduire les stocks d’actifs non performants et harmoniser davantage les règles prudentielles».
Pour accompagner cette réforme, il serait possible de proposer aux investisseurs un actif synthétique «sans risque» en alternative aux dettes souveraines nationales. Cet actif «serait un panier diversifié et ‘seniorisé' d’actifs souverains nationaux». Afin d’éviter de voir des pays tomber dans la crise budgétaire, de nouveaux mécanismes de surveillance des finances publiques seraient instaurés. La règle actuelle basée sur l’évaluation d’un déficit structurel mal appréhendé pourrait être avantageusement remplacée par «une règle simple de dépenses avec un objectif de long terme de réduction de la dette». Concrètement, les dépenses ne pourraient pas progresser plus vite que le PIB, et devraient même évoluer moins vite dans les pays fortement endettés.
Côté solidarité, les économistes suggèrent la mise en place d’un fonds d’aide aux pays en difficulté économique, financé par l’ensemble des pays de la zone euro.
Plus d'articles du même thème
-
Les ETI françaises trouvent leur salut à l’international
Le baromètre annuel de Bpifrance salue notamment la poursuite des investissements de transition et l’appropriation de l’IA par ce segment résilient d’entreprises. -
KNDS veut faire ses armes en Bourse sans mobilisation générale
Très attendue, la cotation du fabricant de chars franco-allemand devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Elle consistera uniquement en une cession de titres existants et les particuliers ne pourront pas y participer. -
L'ancien directeur financier de Pfizer rejoint Nike
David M. Denton rejoindra le fabricant sportif en tant que vice-président exécutif et directeur financier le 17 août prochain.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
DégelClimatisation : les zones d'ombre du plan du RN
Le RN veut faire de la climatisation sa réponse aux vagues de chaleur. Mais derrière le slogan, lancé depuis un an, le coût du dispositif, son périmètre exact et son financement font encore l'objet de discussions internes. Une conférence de presse est prévue début de semaine prochaine -
Présidentielle 2027Edouard Philippe en campagne au coin de la rue
Dans sa course à l'Elysée, le maire du Havre a décidé de prendre les chemins détournés. Il met en avant son écharpe tricolore plus que les trois années passées à Matignon. Ce qu'aucun de ses principaux concurrents ne peut faire -
Canicule : ces autorisations spéciales d'absence accordées à certains profs
Certains rectorats font preuve de souplesse pour les enseignants vulnérables aux chaleurs extrêmes