Delta AM accompagne TSF via une obligation en placement privé
Delta AM, spécialiste des «situations spéciales» sur les marchés obligataires corporates, vient d’accompagner la société non cotée TSF, leader français de la location de matériel audiovisuel, en souscrivant intégralement à son émission obligataire arrangée par Global Equities. La PME, en phase de retournement après avoir souffert du virage technologique vers le numérique, n’a pas pu obtenir les financements bancaires nécessaires à un rééquilibrage de son bilan.
Elle a donc fait appel à ce fonds (FCP Delta Prime ESSF, 50 millions d’euros) via un placement privé de 3 millions d’euros, avec une maturité de 24 mois et la possibilité d’émettre une deuxième tranche de 1 million pendant cette durée. TSF affiche 4,5 millions d’Ebitda en 2012 pour 25,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.
L’obligation, cotée sur Euronext depuis le 5 avril, offre un coupon à «très haut rendement», avec un rang de priorité senior et un nantissement sur un actif immobilier. Elle est cessible à volonté par l’investisseur, qui est entré cependant dans une logique «buy and hold», et remboursable par anticipation pour l’emprunteur dont c’est la seule dette financière.
«Cette opération ouvre la voie au lancement prochain d’un fonds de désintermédiation dédié au financement des PME françaises en situations spéciales, afin de répondre à des besoins de financement non couverts par les canaux financiers traditionnels», précise Thibaut Sciard, directeur général de Delta AM. La société de gestion créée en 2008 avec Frédéric Haym et Carlos Andrade fut l’une des deux structures (avec Mandarine Gestion) à bénéficier du programme d’incubation de La Banque Postale AM, encore actionnaire à 40%. Elle investit dans des obligations décotées et/ou distressed, à partir de différents scénarios et notations évalués en interne, et grâce à une équipe expérimentée sur les problématiques de retournement et les différentes législations européennes en matière de procédures collectives.
«Dans ces cas de restructurations, notre stratégie ‘obligataire’ événementielle peut procurer une sortie par le haut à l’entreprise défaillante, d’autant que, en payant moins cher notre entrée sur le titre, nous sommes souvent plus ouverts aux négociations que d’autres créanciers», poursuit Thibaut Sciard. Une approche «plus activiste» nécessite cependant d’augmenter la capacité d’investissement, au moins autour de 100 millions.
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