Dell détermine les termes d’un prêt de 5,5 milliards de dollars lié à son LBO
Après sept mois de bataille, Michael Dell, appuyé par le fonds de capital-investissement Silverlake, va enfin pouvoir reprendre le contrôle du groupe informatique qu’il a fondé voici près de trente ans. En début de semaine, le ralliement de Carl Icahn avait déjà permis de recueillir le soutien des deux tiers de l’actionnariat de Dell au projet de rachat par LBO, amendé en août. La transaction a été définitivement approuvée hier, lors d’une assemblée générale extraordinaire convoquée à cet effet au siège texan du troisième fabricant mondial de PC.
Pour financer cette acquisition d’un montant de 24,9 milliards de dollars, le groupe va recourir à une large palette d’instruments financiers, destinée à compléter les 7,7 milliards provenant de sa trésorerie et les apports en fonds propres de Michael Dell et de Silver Lake qui totalisent près de 5,6 milliards. Il vient ainsi de déterminer les conditions d’un emprunt sans covenant de 5,5 milliards de dollars, arrangé par Bank of America Merrill Lynch, Credit Suisse, Barclays, RBC et UBS.
Selon des sources concordantes, cet emprunt comprend une première tranche de 4 milliards de dollars, remboursable au bout de six ans et demi, qui offre un taux d’intérêt fixé à 375 points de base (pb) au-dessus du Libor, avec un taux plancher fixé à 1% au-dessus de ce taux de référence. Une seconde tranche de 1,5 milliard de dollars à 5 ans propose une marge fixée entre 275 et 300 pb au-dessus du Libor, avec un plancher toujours fixé à Libor +1%.
Les établissements désireux de participer à cette opération ont jusqu’au 23 septembre pour faire connaître leur réponse. Cet emprunt de 5,5 milliards de dollars est le deuxième plus important de l’année pour un financement par effet de levier émanant d’acteurs du private equity, derrière les 9,5 milliards mis en place par Berkshire Hathaway et 3G Capital pour le rachat de Heinz.
Compte tenu d’un profil de risque financier désormais jugé «agressif», la note de crédit de Dell a été abaissée de 4 crans mercredi par S&P à «BB-», assortie d’une perspective stable, ce qui place le fabricant de PC en catégorie spéculative. A l’issue de la transaction qui devrait être finalisée avant le 1er novembre, Michael Dell contrôlera au total 74,9% des actions ordinaires de Dell. Il pourra ensuite mettre en œuvre son projet de redressement du groupe qui passe par une sortie de la cote.
{"title":"","image":"80140»,"legend":"fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le CME relance les futures sur actions individuelles pour séduire les particuliers
La Bourse de Chicago espère attirer de nouveaux traders en leur permettant de parier sur les plus grandes valeurs de Wall Street au travers de contrats à terme. Les futures «single-stock» n'avaient pas rencontré leur public avant la pandémie, mais l'environnement semble plus porteur. -
Batipart s'active sur un marché immobilier au ralenti
En un an, le groupe familial a déployé près d'un milliard d'euros en acquisitions, dont celle de l'hôtel Pullman Tour Eiffel, et levé 1,3 milliard de financements hypothécaires. En se montrant opportuniste. -
Apple devra faire ses preuves dans l'IA pour conserver les faveurs de Wall Street
En retrait sur le sujet de l'intelligence artificielle, le groupe à la pomme est moins exposé que les autres géants de la tech aux incertitudes qui entourent le secteur. Il reste néanmoins attendu sur sa capacité à intégrer l'IA dans ses futurs produits.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreRetraites : le courage de sortir des faux débats et de proposer de vraies solutions
TRIBUNE. La question fondamentale est d’une simplicité désarmante : comment financer durablement un système de retraite par répartition lorsque nous vivons toujours plus longtemps et que le nombre d’actifs par retraité diminue continuellement ? -
Dernière minuteReprise de Fibre Excellence : l’échec de Matthieu Pigasse et le mystérieux nouveau candidat
L’offre de reprise de Fibre Excellence déposée par Matthieu Pigasse a été rejetée par le tribunal de commerce, mais une nouvelle offre, uniquement pour l’une des deux usines du groupe industriel, a été déposée à la dernière minute -
Ambassadeur convoqué pour « ingérence » : ce qu’il faut savoir des tensions diplomatiques entre la France et l’Iran
Téhéran a dit lundi avoir convoqué l’ambassadeur de France après l’arrestation de deux diplomates accusés d’avoir « interféré dans les affaires intérieures » de l’Iran.