CVC Capital regarde vers l’Asie pour coter le championnat de Formule 1

Le fonds aurait mandaté Goldman Sachs pour une introduction à la Bourse de Singapour qui pourrait valoriser le groupe à 10 milliards de dollars
Patrick Aussannaire

CVC Capital Partners aurait mandaté Goldman Sachs pour explorer la possibilité d’une cession de ses parts lors d’une éventuelle introduction en Bourse partielle du circuit de Formule 1 (F1), selon Bloomberg qui cite des sources proches du dossier. Une opération qui valoriserait l’entreprise de sport automobile à plus de 10 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros).

Et c’est la Bourse de Singapour qui aurait les faveurs des propriétaires pour une éventuelle cotation. «Une cotation à Singapour fait écho à la popularité croissante de ce sport dans cette partie du monde, qui participe à la croissance de la Formule 1», estime Christopher Wong, gérant Asie chez Aberdeen Asset Management. Singapour, avec l’Inde, la Chine, la Malaisie, le Japon, la Corée du Sud, et l’Australie sont intégrés au circuit de F1.

Après avoir acquis une participation majoritaire dans la F1 en 2006 pour un montant estimé à 1,1 milliard de livres, CVC cherche à se désengager du circuit. D’autant que Bernie Ecclestone, directeur général de la F1, exerce un contrôle sans partage sur le groupe et avait «suggéré» en novembre dans le Sunday Telegraph à la société de capital-investissement de privilégier une IPO à Singapour. Selon Sky News, CVC et Bernie Ecclestone auraient négocié l’entrée au capital de la F1 des écuries Ferrari et Red Bull avec la nomination d’un de leurs membres au conseil d’administration du groupe coté.

Une cotation qui ferait également les affaires de Lehman Brothers qui, plus de trois ans après sa faillite, détient toujours 15,3% du capital de Delta Topco, le holding de contrôle de la F1, ce qui en fait le second plus gros actionnaire, derrière CVC, selon le Guardian. Lors de la faillite de la banque américaine, ses avocats auraient refusé le rachat de sa participation par CVC, objectant qu’ils seraient en mesure d’obtenir davantage si ces titres étaient vendus séparément.

Mais de nombreuses incertitudes persistent. Les 10 milliards de valorisation semblent optimistes selon les analystes qui se fondent sur des revenus estimés à 2 milliards de dollars en 2012. De plus, la signature des nouveaux «Accords Concorde», qui régissent l’ensemble des droits commerciaux avec la répartition entre les différentes parties prenantes, pourraient modifier la valorisation. Sans compter l’inconnue de la succession de Bernie Ecclestone, âgé de 81 ans.

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