Credit Suisse est la dernière BFI en date à couper dans ses effectifs
Une de plus. Egalement victime de l’environnement macroéconomique difficile, Credit Suisse s’apprête à son tour à réduire ses effectifs. La deuxième banque suisse a annoncé jeudi qu’elle supprimerait quelque 2.000 postes dans le cadre d’un programme de réduction de coûts d’un milliard de francs suisses (874 millions d’euros) d’ici à 2012.
Cette décision intervient deux jours après celle d’UBS qui entend réduire ses coûts de 1,5 à 2 milliards de francs suisses d’ici deux à trois ans, via notamment des coupures d’effectifs, sans toutefois les chiffrer. Goldman Sachs avait de son côté déclaré la semaine précédente qu’il prévoyait de supprimer 1.000 postes. Et selon Skynews, le britannique HSBC envisagerait de supprimer pas moins de 10.000 emplois.
Comme chez ses concurrents, Credit Suisse doit réduire la voilure en raison des piètres performances de sa banque d’investissement au deuxième trimestre, principalement dans les activités de fixed income. Le bénéfice avant impôts de cette branche a chuté de 71%, à 231 millions de francs suisses, par rapport au deuxième trimestre 2010. S’y ajoute un impact de change défavorable de 151 millions d’euros du fait de la vigueur du franc suisse, vis-à-vis du dollar principalement.
«Clairement, les choses restent difficiles», a prévenu Brady Dougan, le directeur général de la banque, qui estime «difficile de dire» quand la situation s’améliorera. Credit Suisse explique ces mauvais résultats par des conditions de négoce difficiles et le recul de l’activité clientèle en raison des inquiétudes liées à la dette grecque, de l’élargissement des spreads et d’indicateurs économiques en berne, notamment aux Etats-Unis.
«L’activité banque d’investissement est catastrophique», commente Dirk Becker chez Kepler cité par Bloomberg. «Après la crise financière, Credit Suisse a développé la banque d’investissement mais les volumes espérés ne se sont pas matérialisés.»
Le directeur financier de Credit Suisse, David Mathers, a indiqué que les 2.000 suppressions de postes viseront toutes les activités, en particulier la banque d’investissement, dans toutes les zones géographiques avec 500 emplois concernés en Suisse.
Sur l’ensemble de ses activités, le résultat net de Credit Suisse a chuté de 52% sur un an au deuxième trimestre, à 768 millions de francs suisses. La collecte nette s’est en revanche élevée à 14,3 milliards contre 8,7 milliards pour son concurrent UBS.
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