Crédit Agricole CIB externalise l’informatique de son post-marché
CA CIB étudiait la question depuis 18 mois. La banque de financement et d’investissement (BFI) du Crédit Agricole est passée aux actes hier en annonçant un partenariat mondial avec le groupe américain FIS, qui assurera désormais pour son compte les activités informatiques liées au post-marché. Sont concernées toutes les fonctions d’exécution post-trade sur l’ensemble des produits de marché: cash et dérivés de gré à gré (OTC).
FIS prendra en charge les études, la maintenance et le développement informatique, tandis que CA CIB gardera la main sur les serveurs et les bases de données. A la différence d’un contrat de sous-traitance classique, cette plate-forme sera ouverte dans un deuxième temps à d’autres banques d’investissement.
L’annonce s’inscrit dans le cadre de la stratégie 2016 du groupe, qui vise à le recentrer sur un nombre limité de métier et à baisser les coûts dans les fonctions support. «Les activités informatiques liées au post-marché se prêtent bien à ce type de partenariat pour trois raisons: ce ne sont pas les plus ‘différenciantes’ pour la banque, elles se prêtent de plus en plus à la standardisation en raison des évolutions réglementaires sur le clearing, et elles permettent de vraies économies d’échelle», explique Pierre Dulon, directeur de l’informatique de CA CIB.
Dans les 18 prochains mois, la banque va migrer la responsabilité de la maintenance de ces activités vers FIS. Le groupe américain les exercera à partir de la France, de l’Europe de l’Est et de l’Inde. Environ 250 à 300 personnes sont concernées par cet accord chez CA CIB, dont une dizaine de salariés seulement, les autres étant des prestataires externes.
«Sur la durée de 7 ans de ce contrat, nous visons une économie cumulée de 70 millions d’euros par rapport à la base de coût actuelle», indique Pierre Dulon, sans compter l’effet lié au partage des coûts entre BFI sur des projets futurs.
L’accord ne prend pas la forme d’une joint-venture. FIS sera opérateur à 100%, pour garantir l’indépendance de la plate-forme aux yeux des autres BFI qui seraient tentées de la rejoindre. Mais en étant la première à signer, la filiale du Crédit Agricole obtient des conditions plus avantageuses, comme la Société Générale l’avait fait avec Accenture en 2013. Ce dernier accord diffère cependant dans le sens où SG CIB a externalisé aussi ses back-offices sur les titres.
Plus d'articles du même thème
-
L’assureur japonais Meiji Yasuda va acquérir environ 5% de Man Group
L'investisseur institutionnel japonais va investir 200 milliards de yens dans les stratégies du gestionnaire britannique alternatif Man Group sur trois ans. -
Dans l’immobilier, le syndrome «not in my back yard» peut générer de la valeur
Les oppositions locales, illustrées par le syndrome du «pas chez moi», freinent l'offre immobilière mais favorisent la hausse des loyers des biens déjà existants. -
PARTENARIATPrivate equity européen : une opportunité à considérer de près
Le lower mid-market européen attire par sa complexité et ses valorisations. Le co-investissement en facilite l’accès.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
« Plus jamais nous n’aurons de tyran » : comment les étudiants ont renversé le régime autoritaire en Serbie
Dimanche, un mouvement étudiant a remporté inédite les élections législatives en Serbie, parvenant ainsi à chasser le dirigeant nationaliste Aleksandar Vucic -
RévolutionJean-Pierre Grimaud : « La capitalisation ne sauvera pas la répartition, elle viendra la compléter »
Précis, le directeur général d’Ofi Invest croit désormais possible en France une « retraite collective obligatoire par capitalisation » -
IdentitésPrésidentielle : l'anomie et ses boucs émissaires
Dans Le Suicide (1897), Durkheim décrit une société où les désirs, faute de limites, deviennent insatiables, et où chacun souffre de ce qu'il appelle le « mal de l'infini »