Commerzbank se prépare à une aggravation de la crise
Trois mois seulement après la présentation de son nouveau modèle d’entreprise, Commerzbank est contrainte de faire marche arrière. La division Real Estate and Ship Finance (RES), présentée fin mars comme l’un de ses trois piliers à côté de la banque à réseau et du financement des PME, ne verra pas le jour. «Compte tenu de la persistance de la crise de la dette souveraine dont nous ne voyons pas l’issue, et vu les exigences croissantes en matière de fonds propres, nous sommes contraints de renoncer aux activités de financement maritime et de l’immobilier commercial pour nous concentrer sur un cœur de métier durablement rentable», a expliqué le patron de Commerzbank, Martin Blessing, dans un communiqué.
L’arrêt de ces activités touche 1.400 salariés ; la plupart d’entre eux risquent de perdre leur emploi. Mais la restructuration de la banque ne s’arrêtera pas là. D’ores et déjà la direction annonce de nouvelles mesures stratégiques pour cet automne, sans en préciser l’ampleur.
Selon Kepler, le portefeuille de prêts à l’immobilier commercial atteint 54 milliards d’euros et celui du shipping 18 milliards. Il va rejoindre l’unité de défaisance du groupe, où sont déjà regroupés d’autres actifs non stratégiques, dont le portefeuille d’obligations publiques hérité de sa filiale immobilière en difficulté, Eurohypo, appelée elle aussi à fermer.
La décision de sortir du financement maritime crée d’autant plus la surprise que Commerzbank vient tout juste de consolider sa filiale Deutsche Schiffsbank, qui regroupe cette activité, rachetant les parts encore détenues par la banque HVB. Bien que légèrement déficitaire, le financement maritime était jusqu’à présent considéré comme l’un des fleurons de Commerzbank, qui en est le numéro deux allemand derrière la banque publique de Hambourg, HSH Nordbank. De l’activité immobilière, la banque ne conservera que son portefeuille de crédits de quelque 10 milliards d’euros alloués à ses clients particuliers.
Selon Sebastian Weber, analyste chez Nord/LB l’ampleur et la vitesse de la réduction de bilan chez Commerzbank illustrent les erreurs du passé, à commencer par le rachat de Dresdner Bank. Car à la fin de la cure d’austérité actuelle, le bilan de la deuxième banque allemande sera réduit à 500 milliards d’euros, moitié moins qu’au moment de la fusion avec sa voisine. A cela s’ajoutera la charge qui résultera de la liquidation du portefeuille des deux activités.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt