Commerzbank peut enfin se débarrasser d’Eurohypo
Créée il y a dix ans pour dissuader une reprise éventuelle de Commerzbank par des concurrents étrangers, sa filiale immobilière Eurohypo est désormais vouée à disparaître. Après plusieurs semaines de tractations la Commission européenne a officiellement renoncé à sa demande initiale de vendre la filiale.
En faisant marche arrière sur cette question, la Commission se rend à l'évidence: aucun investisseur, même pas un hedge fund, n’est disposé à prendre le contrôle d’une banque surchargée d’actifs à risques et dont les pertes accumulées depuis 2008 s'élèvent à 3 milliards d’euros. Selon les analystes, le problème d’Eurohypo est son modèle d’entreprise, similaire à celui de la banque munichoise Hypo Real Estate (HRE) que l’Etat allemand a dû nationaliser et doter de 100 milliards d’euros de garanties pour éviter son effondrement. Parce que Berlin est aussi venu en aide à Commerzbank, lui fournissant 18 milliards d’euros d’aides publiques en 2009, Bruxelles était intervenu, réclamant la vente de la filiale Eurohypo au plus tard en 2014.
Désormais, Eurohypo, dont le nom doit à terme disparaître, devra se séparer de 80% de ses actifs, soit 131 milliards d’euros, dont la totalité de son activité dans le financement public (96 milliards d’euros d’actifs) et la plupart de ses financements dans l’immobilier commercial, considérés comme «non stratégiques». Dans ce domaine la banque devra plafonner le volume de ses crédits nouveaux à 5 milliards d’euros par an. Elle restera active dans quatre marchés, dont la France.
Parallèlement Commerzbank a reçu l’interdiction de procéder à toute acquisition nouvelle jusqu’en mars 2014. La banque sera également obligée de réduire son bilan à 600 milliards d’euros dès la fin de cette année, soit deux ans plus tôt que prévu. Ce compromis avait été proposé par Berlin. «La Commission a trouvé cette proposition alternative conforme avec la législation visant à limiter les distorsions de concurrence», précise-t-elle dans un communiqué.
«Les modifications des conditions imposées par la Commission sont difficiles, mais acceptables», a commenté Martin Blessing, le patron de Commerzbank. Reste que le démantèlement d’Eurohypo entraînera d’importantes suppressions d’emplois. Selon le quotidien économique allemand Handelsblatt, au moins 300 des 1.200 salariés de la filiale seront touchés.
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Troisième acteFête du Travail : et si on parlait enfin du travail après 60 ans ? – par Emmanuel Grimaud
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
Survivalisme« Sans primaire, ce sera l’apocalypse chez nous » : chez les Ecologistes, Marine Tondelier acculée par ses opposants internes
Le « there is no alternative » à la primaire de Marine Tondelier ne suffit pas à ramener l’ordre dans la maison écologiste. A mesure que l’illusion d’une candidature commune se dissipe, la numéro 1 des Verts se voit contrainte de sortir de l’ambiguïté : peut-elle faire cavalier seul en 2027 ? Si oui, en a-t-elle les moyens ? Sinon, derrière qui se ranger pour négocier un accord législatif sans se renier ? -
CastagneAu Sénat, le report d'une note sur un pesticide vire au pugilat
Le report d'une note scientifique sur l'acétamipride a frôlé la confrontation entre le sénateur PS Michaël Weber et le président LR de l'Office parlementaire scientifique