Colony Capital doit trouver un nouveau souffle en Europe après le départ de Sébastien Bazin

Deux Français prennent les rênes des activités du fonds américain en Europe, où ses investissements se sont faits rares depuis 2008
Amélie Laurin

La relève semble assurée chez Colony Capital. Après l’annonce, hier matin, du départ surprise de Sébastien Bazin pour la tête d’Accor, le fonds américain spécialiste de l’immobilier a nommé deux nouveaux codirigeants pour ses opérations dans la région: Nadra Moussalem et Jean-Romain Lhomme. Les deux Français, entrés chez Colony en 2000, étaient les plus qualifiés en interne selon une source proche du groupe, mais ils restaient jusqu’à présent dans l’ombre de Sébastien Bazin, en première ligne dans les très médiatiques dossiers Accor et Carrefour, où le rôle d’actionnaire minoritaire de Colony est régulièrement sujet à controverse.

Basé à Paris, le principal centre européen du groupe américain, Nadra Moussalem siège au conseil d’administration de Dia, d’Edenred, mais aussi d’Accor depuis le printemps, en remplacement de Tom Barrack, le fondateur de Colony. Tourné vers le non-coté, Jean-Romain Lhomme est quant à lui président du conseil de surveillance de But.

Tous deux devront prouver que Colony peut être un investisseur de poids en Europe. Le fonds américain a annoncé hier vouloir consacrer 2 milliards d’euros au Vieux Continent dans les prochains mois. En mai dernier, Tom Barrack évoquait seulement 1,5 milliard d’euros pour la France, l’Italie et l’Espagne. En dehors de l’immobilier classique, les dernières investissements majeurs de Colony dans la région remontent à 2007. Cette année-là, le fonds américain avait notamment injecté 800 millions d’euros dans la création d’un centre d’hébergement de données hautement sécurisé à Marcoussis, dans l’Essonne. Il aimerait ouvrir ou racheter des infrastructures de ce type en Europe mais reste discret sur ses autres cibles.

Colony doit aussi prouver sa capacité à rentabiliser ses investissements passés. Entré chez Accor en 2005 et chez Carrefour en 2007, il attend toujours un retour à meilleure fortune. Dans le non-coté, la cession de But, annoncée début 2012, se fait également attendre. Le fonds a tout de même cédé le vignoble de Château Lascombe à la MACSF en 2011 et trouvé preneur pour ses parts dans le Paris Saint-Germain, racheté l’an dernier par le Qatar. Enfin début 2013, il a revendu l’hôpital de La Tour, à Genève, à un groupe d’investisseurs privés. Sans préciser le rendement de ces opérations.

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