Clipperton veut surfer sur l’opération DailyMotion pour asseoir son modèle en Europe
Modeste d’un point de vue financier (58,8 millions d’euros pour 49% du capital) par rapport aux chiffres en vogue aux Etats-Unis, le rachat partiel de DailyMotion par Orange constitue néanmoins l’opération la plus emblématique de l’internet français. Clipperton, la boutique qui a conseillé la direction du site de partage de vidéos, compte en tout cas capitaliser sur cette transaction, en cours de finalisation, pour asseoir son modèle en France et en Europe.
«Il s’agit d’une opération importante pour nous et emblématique de notre positionnement originel: accompagner dans la durée les entreprises de technologie, en les conseillant le plus tôt possible, parfois dès le premier tour de table», explique à L’Agefi Nicolas von Bülow, associé et cofondateur en 2004 de la société avec Stéphane Valorge. Clipperton avait ainsi conseillé les fondateurs de DailyMotion en 2006 lors de leur première levée de fonds auprès de Partech et d’Atlas Venture. La société est également intervenue sur des dossiers comme Digitick, récemment racheté par Vivendi, ou sur la récente levée de fonds de Spartoo auprès de Highland Capital Partners et d’Endeavour Vision.
Le marché européen des entreprises de technologie est moins structuré et riche qu’aux Etats-Unis, reconnaît Nicolas von Bülow. «Dans ce secteur, les grands groupes sont moins nombreux qu’outre-Atlantique. Ils ont aussi peut-être moins la culture des entreprises de technologie américaines en matière d’acquisitions, notamment parce que l’émergence des start-up est beaucoup plus récente en Europe qu’aux Etats-Unis, où l’industrie est déjà bien organisée», estime l’associé de Clipperton.
Pour autant, Clipperton estime avoir un terrain de chasse suffisamment profond en Europe. Répartie entre Paris et Londres, l’équipe compte une douzaine de personnes dont 4 associés. «Notre objectif est de monter à 20 collaborateurs dans les 12 à 18 prochains mois, ce qui constitue la bonne taille pour une société comme la nôtre qui souhaite conserver sa spécialité, la technologie, un domaine que les boutiques généralistes ont du mal à appréhender», indique Nicolas von Bülow. Selon lui, cette structure permet de réaliser une quinzaine d’opérations par an, que ce soit des transactions de haut de bilan jusqu’à des montants de 100 millions d’euros ou des fusions-acquisitions allant jusqu’à 500 millions d’euros.
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