Citigroup fait main basse sur la major britannique du disque EMI
C’est la fin d’un feuilleton interminable qui s’est jouée hier. Asphyxié par une dette de 3,4 milliards de livres, incapable de respecter ses covenants bancaires, le géant britannique de la musique EMI change de mains. Citigroup a pris 100% du capital d’EMI, via l’acquisition de sa maison-mère Maltby Acquisitions Limited, et a recapitalisé la société dans le cadre d’un swap «debt-for-equity». L’actif intègre CGI, la division de private equity de la banque américaine.
Cette opération réduit la dette de 65%, à un niveau de 1,2 milliard de livres, et laisse 300 millions de livres de trésorerie disponible pour financer le développement. «Cela nous a donné l’un des bilans les plus solides du secteur, avec un niveau d’endettement modeste et d’importantes liquidités», s’est félicité dans un communiqué Roger Faxon, directeur général d’EMI. Mais à quel prix...
L’histoire est un désastre financier pour l’ancien propriétaire Guy Hands, aux commandes du fonds Terra Firma, qui essuie plus de 1,7 milliard de livres de pertes. Ce dernier avait racheté en LBO la maison de disques en 2007, quelques mois avant les secousses de la crise financière, pour 4,2 milliards de livres (dette comprise). Il s'était tourné vers Citigroup pour un financement de 2,5 milliards de livres, lequel n’a jamais été en mesure de dénicher des investisseurs.
Parallèlement à des discussions sur la restructuration de la dette, le bras de fer s'était déporté sur le terrain judiciaire, Terra Firma accusant Citigroup de l’avoir conduit à surpayer EMI. En novembre dernier, la justice déboutait Guy Hands, lequel ne s’avouait pas vaincu et interjetait appel le mois dernier.
Cette fois, la messe est dite. L’offensive, orchestrée par PwC, a été rapide et se serait faite, d’après le Financial Times, à l’insu de Guy Hands. Reste à savoir désormais ce que va devenir l'éditeur des Beatles et de Pink Floyd. En toute logique, Citigroup n’a pas vocation à jouer un rôle d’investisseur de long terme même si une cession pourrait prendre du temps. Warner Music et BMG font partie des candidats à avoir manifesté leur intérêt pour les activités Music Publishing et Recorded Music.
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