Citigroup détrône Deutsche Bank sur le marché mondial des changes
La couronne a certes perdu de son éclat, sur fond de moindre rentabilité et d’enquêtes des autorités sur des soupçons de manipulation du marché. Il n’empêche que, selon le sondage de référence effectué par le mensuel britannique Euromoney auprès des clients des banques concernant leur activité de trading sur les changes, Citigroup a mis l’an dernier un terme à un règne de 9 ans de Deutsche Bank sur ce marché dont le volume quotidien est estimé à 5.300 milliards de dollars.
La banque américaine reprend les commandes (après un règne incontesté lors des 23 premières années d’un sondage lancé en 1976) avec 16,04% du marché, une part en progression de 1,14 point sur l’exercice écoulé, devant sa concurrente allemande qui progresse de 0,49 point à 15,67%. Sur fond de succès grandissant des transactions électroniques face au trading à la voix, les suivants voient d’ailleurs également leur part progresser, sans modification de leur classement (Barclays 10,91%, +0,67 point, UBS 10,88%, +0,77 point, HSBC 7,12%, +0,19 point). Les 5 banques accaparent ainsi 60,62% du marché, 3,26 points de mieux que l’an passé. Plus loin, les grands perdants sont Credit Suisse (de la 8e à la 12e place), Morgan Stanley (de la 9e à la 11e) ou RBS (de la 7e à la 8e, avec une part en retrait de 2,34 points à 3,25%), au bénéfice notamment de BNP Paribas, qui gravit 3 marches au 9e rang.
Pour l’ensemble de ces acteurs, les enquêtes des autorités aux Etats-Unis, en Europe et en Asie représentent une sérieuse menace. Plus de 30 salariés ont pour l’heure été sanctionnés en interne par 11 établissements. Quand bien même il s’agit aux yeux de l’analyste John McDonald chez Sanford Bernstein du dernier dossier majeur en cours d’instruction dans le sillage de la crise, après ceux liés aux taux interbancaires ou aux titrisations de créances hypothécaires, il est encore trop tôt pour en estimer le coût potentiel.
Citigroup, qui selon l’analyste tire 4 à 5% de ses revenus du trading de changes, soit jusqu’à 3,8 milliards de dollars en 2013, est bien la banque la plus exposée. Mais toutes font face à une concurrence toujours plus vive, entraînant les marges à la baisse, dans un marché pénalisé par une volatilité en berne. L’euro a ainsi évolué au cours de la dernière semaine du mois dernier face au dollar dans une fourchette qui n’avait jamais été aussi serrée depuis sa création, de 0,7 cent seulement entre 1,3785 et 1,3855 dollar pour un euro.
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