Cinven reprend le flambeau de la croissance externe chez Tractel
LBO France tourne la page Tractel après huit ans de présence. Le fonds d’investissement a annoncé le 31 juillet la vente du leader mondial des treuils électriques (hors Chine) à Cinven, en espérant boucler la transaction au quatrième trimestre. Il avait racheté la société en juin 2007 pour 310 millions d’euros, un prix qui la valorisait à l’époque autour de 9,5 fois son Ebitda. De sources financières, le prix de la transaction oscillerait entre 350 et 400 millions d’euros, montant que les intéressés ne souhaitent pas commenter.
Crise oblige, la société française, spécialisée dans les plates-formes et nacelles suspendues aux toits des immeubles, n’a pu dérouler ses ambitions initiales. «La faillite de Lehman Brothers a gelé tous les grands projets de construction en 2009 et 2010. Tractel a bien résisté durant cette période, mais n’a pu concrétiser ses projets de croissance externe avec les sociétés que nous avions identifiées», rappelle Thomas Boulman, associé chez LBO France. La baisse des Ebitda en sortie de crise avait compliqué les négociations avec d’éventuels vendeurs.
Durant cette période, Tractel a laissé passer l’orage et a continué à assurer le remboursement de sa dette. Ses treuils électriques lui permettent d’être exposé à d’autres secteurs que la construction, comme l’industrie minière, l’éolien ou les tours télécoms. Le résultat d’exploitation a pu être stabilisé.
«L’Ebitda retrouve le chemin de la croissance et le carnet de commandes a dépassé son plus haut historique de septembre 2008», précise Thomas Boulman. Le chiffre d’affaires, lui, atteint 170 millions d’euros.
Cinven reprend donc le flambeau. Conseillé par Rothschild et Clifford Chance, le fonds de private equity a déposé une offre préemptive avant que Lazard et Canaccord Genuity, conseils du vendeur avec Mayer Brown, ne lancent le processus d’enchères. Cinven entend clairement faire de Tractel une plate-forme de consolidation du secteur. Le fonds de private equity estime aussi que le cycle économique est devenu plus favorable en Europe dans le secteur de la construction.
L’acquisition devrait être financée par une dette bancaire senior classique, arrangée par HSBC.
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