Chenavari renforce sa gestion de dette en rachetant Buy Way à Apax
Et le gagnant est… Chenavari. Le repreneur de Buy Way Personal Finance n’est ni un fonds de capital-investissement classique, ni une société de crédit à la consommation. Le fonds d’investissement Apax et son pendant coté, Altamir Amboise, ont finalement signé un protocole de vente avec le fonds alternatif Chenavari, spécialiste du crédit. Les trois parties ont officialisé l’opération hier matin, sans préciser les termes financiers de la cession qui devrait être effective dans quelques mois. Selon plusieurs sources, Buy Way (ex-Cetelem Belgique) vaudrait au moins une fois ses fonds propres, de 108,4 millions d’euros fin 2012.
Le fonds londonien de Loïc Fery, responsable mondial des marchés de crédit de Calyon jusqu’à la crise des subprimes et actuel président du club de football FC Lorient, devrait racheter 90% de la société de crédit. Chenavari reprendrait les 50,5% d’Apax et les 38,3% d’Altamir Amboise. Tous deux avaient racheté la société à BNP Paribas, à l’occasion d’un LBO finalisé en octobre 2010 qui a permis le redressement de la société, dont le résultat avant impôt a triplé entre 2010 et 2012, à 16,7 millions d’euros. Damien Guermonprez, le directeur général de Buy Way, devrait conserver environ 10% du capital avec plusieurs managers, en réinvestissant dans le nouveau tour de table, indique une source proche du dossier.
Chenavari pourrait accélérer le développement européen de la société de crédit, basée en Belgique. Buy Way pourrait aussi mettre ses capacités d’octroi et de recouvrement de créances au service des portefeuilles du hedge fund, comme il le fait déjà pour ses partenaires commerciaux.
L’annonce de son rachat intervient en effet peu après le lancement, cet automne, de Chenavari Capital Solutions. Ce véhicule coté à Londres et enregistré à Guernesey a levé 130 millions de livres (155 millions d’euros) pour des opérations en fonds propres avec des banques européennes contraintes, sous Bâle 3, de céder des crédits immobiliers, corporate et PME ou encore des titres adossés à des créances. Il a réalisé son premier investissement primaire en reprenant, pour 45 millions de livres, une «exposition mezzanine» aux prêts PME de court terme d’une banque portugaise. L’initiative fait écho à celle d’autres fonds anglo-saxons, actifs dans le rachat de portefeuilles et plate-formes de gestion de prêts d’établissements ibériques. Chenavari affiche au total 4,5 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros) d’encours sous gestion.
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