Charterhouse veut de nouveau allonger la dette LBO de Nocibé
Après avoir rompu les discussions avec Advent, faute d’entente sur un prix de cession, Charterhouse veut renégocier la dette de Nocibé. Le fonds britannique et le management de l’enseigne de parfumerie ont rencontré des prêteurs et des investisseurs obligataires à Londres, ces deux derniers jours. Ils sont conseillés par Credit Suisse et deux de leurs prêteurs: BNP Paribas, l’arrangeur du LBO de 2006, et Nomura, qui avait co-arrangé la syndication.
Les discussions ne sont pas liées à un risque de bris de «covenants» ou à des échéances à court terme, assurent des sources proches du dossier. Après avoir renégocié la dette de Nocibé l’an dernier, avec une nouvelle date butoir fin 2015, Charterhouse souhaite repousser les échéances à 2018 au minimum. Il pourrait aussi avoir recours au marché obligataire. «Il s’agit d’une démarche opportuniste, explique un professionnel. Le marché est bon donc tout le monde essaie d’être proactif sur son bilan, sans attendre d’éventuelles nouvelles déclarations de la Fed», qui pourraient de nouveau perturber les marchés du crédit. «Il s’agit de discussions préliminaires avec un nombre très limité de prêteurs existants et de nouveaux investisseurs potentiels», indique une autre source.
La dette bancaire résiduelle s’élève à 268 millions d’euros, selon Bloomberg. Un montant non confirmé mais assez cohérent avec une dette totale comprise entre 250 et 300 millions d’euros: en y ajoutant les lignes de mezzanine accordées par ICG et TCR, elle atteindrait selon nos sources 4,5 fois à 5 fois l’Ebitda. Or celui-ci avoisinerait 60 millions d’euros, Chartehouse ayant voulu céder la chaîne de magasins pour 600 millions d’euros, soit environ dix fois l’Ebitda. Une valorisation élevée sachant que Bain a racheté cet été le très dynamique Maisons du Monde à un multiple autour de 9 fois.
«Depuis le LBO de 2006, Nocibé s’est désendetté d’environ 2 fois l’Ebitda», poursuit l’une des sources. La dette bancaire comprend encore deux lignes premier lien de 100 millions d’euros chacune. Mises en place lors du refinancement de mi-2012, elles courent jusqu’à fin 2015, à un taux Euribor + 450 points de base (pb). Une ligne second lien de 33 millions a également été signée l’an dernier, à Euribor + 600 pb, ainsi qu’un crédit renouvelable de 19 millions. Les échéances les plus proches (fin 2013 et fin 2014) concernent de petites lignes résiduelles, mises en place à l’été 2006.
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