Charterhouse s’embourbe dans le marché français
La rentrée s’annonce difficile pour Charterhouse Capital Partners. Outre-Manche, le fonds britannique bataille toujours pour se délester de Card Factory (cartes festives) et de Saga, un groupe de services aux seniors qui pourrait être introduit en Bourse, selon Sky News. En France, le scénario se répète: Charterhouse a visiblement renoncé à vendre Elior et Nocibé. Le groupe de restauration collective s’oriente vers une cotation, tandis que l’enseigne de parfumerie va rester pour l’instant dans le giron du fonds, comme Vivarte (La Halle, Minelli, Kookaï) qui n’a pas trouvé preneur l’an dernier.
Charterhouse a finalement rejeté l’offre de reprise d’Advent qui voulait fusionner Nocibé avec Douglas, son groupe allemand de parfumerie, indiquait hier Le Figaro confirmant une information du Financial Times de lundi. Cet été déjà, le processus de vente s’était essoufflé: les 500 millions d’euros proposés par Advent ont été jugé insuffisants, tout comme l’offre de LBO France. «Tous deux n’ont pas fait d’effort sur le prix, le dossier est gelé», confirme une source proche du dossier. Charterhouse devrait donc conserver Nocibé, affecté par la dégradation de la consommation en France. En 2005, le LBO de Charterhouse valorisait l’entreprise 490 millions d’euros.
Pour Elior, le fonds britannique et Chequers Capital ont renoncé au deal de l’année dans le LBO en France. L’introduction en Bourse, déjà évoquée avant l’été, semble désormais la voie privilégiée. «HSBC est chargée de l’opération», affirme un banquier. «A ma connaissance, il n’y a pas de mandat pour une IPO», rétorque un autre. Conseil de Charterhouse, HSBC ne précise pas son rôle actuel. Elior arrêtant ses comptes annuels ce mois-ci, une éventuelle introduction en Bourse n’aurait de toute façon pas lieu avant 2014.
Reste à savoir si elle permettra au fonds d’obtenir les 4 milliards d’euros espérés. Les 3,5 milliards proposés par BC Partners et CVC Capital Partners ont été refusés, tout comme l’offre d’Axa et de la Caisse de Dépôt du Québec. Tous deux voulaient prendre une participation minoritaire valorisant la société 3,7 milliards d’euros, selon Les Echos. En 2006, à l’arrivée de Charterhouse, Elior valait 2,5 milliards.
Malgré ces déboires, le fonds n’est pas totalement inactif: selon le FT, il pourrait annoncer cette semaine la cession de l’écossais Giles Insurance Brokers pour environ 250 millions de livres.
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