Charterhouse propose un financement clé en main pour faciliter la vente d’Elior
Pour faire aboutir ce qui pourrait être le plus important LBO de l’année en Europe, la vente d’Elior, Charterhouse met toutes les chances de son côté. Le fonds, qui a entamé fin 2012 le processus de vente du groupe de restauration collective avec l’aide de Rothschild, CA CIB et HSBC, propose un financement préarrangé (staple financing) aux acquéreurs potentiels. Ce type de montage permet de donner aux enchérisseurs potentiels une idée du montant des financements disponibles et de leur coût.
Le staple financing serait de 2 milliards d’euros, a révélé Bloomberg, l’équivalent de la dette brute actuelle d’Elior, pour une entreprise dont les vendeurs espèrent tirer jusqu’à 4 milliards d’euros. Les deux banques conseils CA CIB et HSBC, accompagnées de JPMorgan et de Nomura, qui avait dirigé l’extension des maturités de la dette d’Elior l’an dernier, sont à la manœuvre. Le financement comprendrait à la fois des prêts bancaires seniors et de la dette obligataire senior et subordonnée. «Pour de beaux dossiers comme Elior avec un business récurrent, les financements bancaires et obligataires sont ouverts. Toutes les pistes sont examinées», indique une source financière.
Le dossier Elior est public depuis des mois, la piste d’une scission entre la restauration collective et les concessions ayant même été évoquée pour faciliter l’absorption du dossier par le marché. Le vendeur a toutefois évité de lancer un processus d’enchères classique. «Charterhouse préfère travailler intelligemment en amont avec quelques candidats potentiels pour affiner le plan d’affaires et les valorisations», indique un professionnel du private equity.
Sur un dossier de cette taille, destiné à un autre fonds de capital investissement, les acquéreurs crédibles ne sont pas légion. CVC Capital Partners et BC Partners formeraient un tandem pour une offre à 3,5 milliards, indiquait le Financial Times la semaine dernière. Les américains Blackstone et Clayton Dubilier & Rice, chacun de leur côté, seraient également sur les rangs.
Charterhouse a pris le contrôle d’Elior en 2006 dans une opération valorisant la société à 2,5 milliards d’euros. Il détient 62,3% du capital, aux côtés du cofondateur Robert Zolade (24,7%), de Chequers Capital (7,8%) et d’autres investisseurs.
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