Carlyle progresse avec retenue vers son introduction en Bourse
C’est aujourd’hui à Kansas City, Missouri, que les fondateurs de Carlyle, William Conway, Daniel D’Aniello et David Rubenstein, donneront le coup d’envoi au road-show devant conduire à l’entrée en Bourse du spécialiste du private equity. Ce dernier prévoit de céder 10% du capital élargi, soit 30,5 millions de titres, à un prix unitaire compris entre 23 et 25 dollars.
L’opération, dont la mise à prix est attendue le 2 mai, doit permettre de rembourser la dette, de financer des acquisitions et d’alimenter les besoins généraux de la société. Au bout du compte, le groupe espère récolter de 701,5 millions à 762,5 millions de dollars (de 537 millions à 583 millions d’euros), un objectif ultime le valorisant à 7,61 milliards de dollars, soit moitié moins que son rival Blackstone, pour des volumes d’actifs sous gestion voisins (147 milliards de dollars à fin décembre 2011 pour Carlyle contre 166 milliards de dollars pour Blackstone).
Un tel niveau de valorisation contraste avec la situation glorieuse précédant la crise financière. En 2007, Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dhabi avait versé 1,35 milliard de dollars pour 7,5% du capital de Carlyle, valorisant implicitement le groupe autour de 18 milliards de dollars. Le contexte est radicalement différent aujourd’hui pour les établissements dirigeant l’opération, parmi lesquels figurent en tête de liste JPMorgan, Citigroup, Credit Suisse et Bank of America-Merrill Lynch, et qui ont la possibilité d’exercer une option de surallocation portant sur 4,57 millions de titres supplémentaires.
L’introduction en Bourse jeudi dernier d’Oaktree Capital Management a livré quelques indications sur la température du marché. Le gestionnaire d’actifs distressed a vendu moins de titres qu’attendu, en bas de fourchette, et l’action a clôturé vendredi en baisse de 3,5% par rapport au prix d’introduction. Les investisseurs auront également à l’esprit les parcours boursiers peu flatteurs affichés par les grands noms du private equity : -54% pour Blackstone sur cinq ans ou -88% pour Fortress Investments.
Cet environnement peu flamboyant et la difficulté à élaborer des projections de résultats réalistes ont sans nul doute poussé Carlyle et ses conseillers à faire preuve de retenue dans la mise au point de son IPO.
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