Carlyle est rattrapé par l’affaire de l’Imprimerie nationale
L’affaire de l’Imprimerie nationale se rappelle au bon souvenir de Carlyle. Huit ans après la revente à l’Etat de l’immeuble de la rue de la Convention à Paris dans des conditions hautement polémiques, le fonds d’investissement américain vient d’être condamné par le tribunal administratif de Paris à régler une ardoise fiscale de 105 millions d’euros, intérêts et pénalités compris.
La société de gestion devrait en payer 75 millions, le solde étant prélevé sur le fonds Carlyle Europe Real Estate Partners I (Cerep 1), qui avait réalisé la transaction. Le groupe, qui avait provisionné une partie du litige et a révélé sa condamnation en publiant ses résultats le 29 avril, va faire appel de cette décision.
Le débat porte sur les conditions d’application de la convention fiscale franco-luxembourgeoise dans ce dossier, qui a débuté en 2003. Cette année-là, Cerep 1 acquiert auprès de l’Etat l’immeuble de l’Imprimerie nationale pour 85 millions d’euros hors taxe. Quatre ans plus tard, afin d’y loger les services du ministère des Affaires étrangères, les pouvoirs publics le rachètent pour… 325 millions d’euros. Le fonds, qui a réalisé entretemps une centaine de millions d’euros de travaux, réalise donc une belle plus-value. Elle aurait été estimée de 120 à 135 millions par la commission des finances du Sénat et l’inspection générale des finances (IGF), qui se sont chacune saisies du dossier.
Mais Cerep 1, logé au Luxembourg, ne paie à l’époque aucun impôt sur cette plus-value. Le fonds s’appuie sur une faille de la convention fiscale entre Paris et le Grand-Duché. Elle permet à une société de droit luxembourgeois d’exonérer les plus-values immobilières sur les ventes de biens situés en France. La convention a été remaniée peu après.
Le dossier de l’Imprimerie nationale avait valu à l’Etat une salve de critiques sur la mauvaise gestion de son patrimoine immobilier. Un rapport de l’IGF révélé fin 2007 estimait notamment que l’immeuble avait été sous-évalué lors de sa vente en 2003, et critiquait les délais très longs (31 mois) de bouclage de l’opération. Quelques mois plus tard, les pouvoirs publics ont lancé à l’encontre de Carlyle une procédure fiscale qui vient seulement d’aboutir en première instance. «C’est une forme de revanche pour l’Etat dans une affaire qui lui a valu un tir de barrage médiatique et politique», estime un proche du dossier.
Plus d'articles du même thème
-
Bridgepoint signe un LBO dans la cybersécurité
Le fonds britannique entre au capital de l’éditeur belge de logiciels Lansweeper, marquant le premier LBO majoritaire de l’entreprise. -
BioMérieux réduit ses ambitions pour 2027 et 2028
Le laboratoire vise désormais une croissance organique annuelle comprise entre 3% et 6% pour les deux prochaines années. -
Michelin réaffirme ses objectifs annuels dans un contexte «compliqué»
Le fabricant de pneumatiques prévoit une progression de son résultat opérationnel des secteurs à périmètre et taux de change constants par rapport à 2025, et une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
- 11 % à Séoul, - 4 % à Tokyo : pourquoi les Bourses asiatiques ont-elles lourdement chuté mardi ?
Mardi, les marchés asiatiques ont encaissé une nouvelle forte baisse dans un contexte d’inquiétudes sur le marché des semi-conducteurs et de l'IA -
Les hauts lieux du luxe à la française : À Grasse, le parfum du bonheur selon Fragonard
Dans une ancienne parfumerie du centre historique, les alambics en cuivre, les cuves en inox et les essences précieuses racontent cent ans d'une aventure familiale. Chez Fragonard, on ne visite pas seulement une usine de parfum : on entre dans une certaine idée de la Provence, où la fabrication artisanale, l'art de vivre et le patrimoine ne font qu'un. -
En perm'Incendies, canicules, carburants : l'interminable mois de juillet du gouvernement Lecornu
L'actualité, l'agenda parlementaire et les annonces commandées par Sébastien Lecornu poussent les ministres en première ligne, loin devant les candidats à l'élection présidentielle. Ceux qui ne sont pas partis en vacances se battent pour se faire entendre