Carlyle entretient la polémique sur les rémunérations du private equity
Les propriétaires de Carlyle n’envoient pas des signaux forcément positifs aux investisseurs à quelques semaines de son IPO. Le deuxième gestionnaire mondial du non-coté avec 147 milliards de dollars d’actifs sous gestion a utilisé les 500 millions empruntés en décembre 2010 à Mubadala Development, un fonds souverain d’Abou Dhabi, non pour les investir comme il l’avait pourtant promis, mais pour récompenser ses dirigeants. En effet, 80% de cette somme, soit 398,5 millions de dollars, a servi à payer le dividende différé d’impôts versé à ses fondateurs, Daniel D’Aniello, William Conway et David Rubenstein, au titre de l’année 2011, selon les documents réglementaires publiés dans le cadre de son IPO. Le groupe a en outre négocié le droit d’un versement additionnel de 400 millions de dollars. «Quand vous créez de la valeur, in fine vous voulez la liquéfier et en tirer le bénéfice», s’est justifié David Rubinstein.
Les trois fondateurs détiennent environ 60% du capital et ne comptent pas céder leur part à l’occasion de l’entrée du groupe sur le Nasdaq. Sept nouveaux membres viendront rejoindre les trois fondateurs au sein du comité de direction. Ils recevront des gratifications annuelles de 175.000 dollars dont 125.000 en salaire fixe et 50.000 en actions, auxquels s’ajouteront 200.000 dollars d’actions différées dans le cadre du plan d’incitation.
La société a connu une érosion de son résultat net de 18% à 833 millions de dollars en 2011. Pour assurer le succès de son IPO et ratisser le plus grand nombre de souscripteurs possibles, Carlyle vient d’ajouter à sa liste 18 banques, dont des poids lourds du secteur tels que Barclays Capital, JPMorgan, Citigroup, Credit Suisse, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Deutsche Bank, BoA et UBS.
Ces pratiques ne sont néanmoins pas spécifiques à Carlyle. Le directeur général de Blackstone, Stephen Schwarzman, a reçu 213,5 millions de dollars en salaire et dividende en 2011, soit un tiers de plus qu’en 2010. Les deux fondateurs de KKR, Henry Kravis et George Roberts ont quant à eux perçu 94 millions.
Selon une étude d’une filiale de S&P, les émissions d’obligations ou les prêts utilisés par les entreprises pour financer le paiement de dividendes ont atteint un montant record en 2011 à 56,5 milliards de dollars, et se montent à 20 milliards depuis le début de l’année 2012.
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