Carl Icahn réaménage ses stratégies d’investissement
Carl Icahn est à la manœuvre. S’il réussit à renverser le conseil d’administration et que Clorox ne trouve pas preneur, l’investisseur milliardaire a annoncé hier qu’il était prêt à payer 78 dollars par action, soit 2 dollars de moins qu’à sa précédente offre et valorisant le groupe américain de produits ménagers à 10,4 milliards de dollars. Le cours des actions Clorox ont progressé de 2,8% hier à 70,52 dollars et de 11% depuis le début de l’année.
Il s’agit de sa troisième offre depuis la mi-juillet. Ses deux premières tentatives de rachat à 76,50 dollars puis 80 dollars par titre, incluant un financement en numéraire ainsi qu’un recours à la dette à hauteur de 7,8 milliards, avaient été rejetées par Clorox. Le président directeur général du groupe, Don Knauss, a déclaré en début de mois que les offres de Carl Icahn n'étaient pas crédibles et sous-estimaient la valeur de la compagnie.
Si Jefferies & Co. avait indiqué qu’elle se montrait «hautement confiante» de la capacité de Carl Icahn a lever les 7,8 milliards de dette nécessaires à la transaction, les conditions difficiles sur le marché du crédit ont rendu certains analystes sceptiques. Fin juillet, le comité de direction de Clorox avait précisé que pour être acceptée, toute offre devait inclure un engagement de garantie total du financement de la transaction. S&P a placé la note «BBB+» de Clorox sous perspective négative justement à cause des incertitudes sur le financement du rachat de Carl Icahn.
Cette nouvelle offre de rachat accentue la tentative de putsch initié par le milliardaire pour s’imposer au sein du conseil d’administration de Clorox et de revendre la société. Carl Icahn a indiqué mi-août à la SEC qu’il se présentera, en compagnie de 10 personnes, au conseil d’administration de Clorox, qui compte 11 membres. L’investisseur a indiqué dans un communiqué que «les actionnaires de Clorox devraient avoir le droit de décider par eux-mêmes d’accepter mon offre ou une meilleure offre qui je pense devrait émerger du processus de vente».
Dans le même temps, le milliardaire a indiqué hier qu’il comptait céder la totalité de sa participation dans Lions Gate Entertainment au prix de 7 dollars par titre, mettant ainsi fin à ses ambitions de prise de contrôle du groupe. Les actions de Lions Gate ont clôturé hier à 7,52 dollars mais étaient déjà en recul de 4,7% à 7,17 dollars dans les échanges après Bourse.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre