CA Cheuvreux laisse de côté le trading haute fréquence
CA Cheuvreux s’inscrit dans l’air du temps. Le courtier européen du Crédit Agricole a annoncé hier le lancement d’un système interne d’appariement d’ordres (crossing network), Blink, sous la forme d’un système multilatéral de négociation (MTF) régulé. En fait de lancement, il s’agit plutôt d’un changement qui en dit long sur les débats agitant le monde du trading actions en Europe.
Blink a en effet été créé début 2009, mais n’était qu’un simple dark pool sur actions où la liquidité s’échangeait de manière opaque. L’an dernier, CA Cheuvreux a demandé à l’autorité britannique, la Financial Services Authority, d’agréer le système en tant que MTF. Un choix fait alors que les autorités européennes, dans le cadre de la révision de la directive MIF, n’avaient pas encore décidé de créer un nouveau statut de plate-forme de négociation, l’organized trading facility (OTF).
Avant même la présentation du projet MIF2, Nomura avait ouvert la voie en 2010 en convertissant son système interne au format MTF pour répondre au souci de transparence de ses clients. La banque japonaise a été imitée depuis par UBS puis Goldman Sachs.
Le dark pool du Crédit Agricole, qui couvre 1.700 valeurs sur 14 marchés actions européens, a une autre caractéristique: il exclut tous les flux provenant du compte propre et du trading à haute fréquence, que Blink ne traitait déjà guère par le passé. «Nous avons construit notre MTF sans chercher à attirer ce type de liquidité avec une structure de prix très agressive», explique Ian Peacock, responsable Europe des services d’exécution de CA Cheuvreux. Seuls les clients particuliers et institutionnels du courtier pourront y croiser leurs ordres. L’accent sera mis sur les valeurs moyennes, les volumes sur les très grandes valeurs européennes étant gonflés par le trading haute fréquence.
A l’heure où les régulateurs s’inquiètent des distorsions de marché que crée le trading haute fréquence, le courtier du Crédit Agricole laisse donc de côté ce type d’apporteurs de liquidité. D’autres projets de plates-formes donnant aux investisseurs institutionnels «buy side» le choix de ne traiter qu’entre eux seraient d’ailleurs à l’étude, dont l’un émanant de Tony Mackay, à l’origine de Chi-X Europe.
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