Bruxelles scrute le projet Nyse Euronext / Deutsche Börse
Nyse Euronext et Deutsche Börse devront obtenir le feu vert de l’autorité européenne de la concurrence pour mener la fusion à son terme, compte tenu du chiffre d’affaires cumulé des deux groupes (23 milliards d’euros). D’après des sources proches des négociations, leurs dirigeants avaient déjà informé la Commission européenne au plus haut niveau et amorcé des discussions plus techniques avec la Direction générale de la concurrence ces dernières semaines.
Pour le trading actions, toute la question sera de savoir quel périmètre est jugé pertinent par les autorités européennes. La concurrence introduite par la directive MIF laisse penser qu’elle pourrait être jugée suffisante. «Il y a maintenant la concurrence des plates-formes électroniques. Le monde a changé», indique une source européenne. Sur les dérivés listés, le nouveau groupe serait fortement dominant avec près de 94% de part de marché sur les futures en Europe et 46% sur les options aux Etats-Unis. Mais en tenant compte du gré à gré, largement dominant, les chiffres ne seraient pas les mêmes.
Les services de compensation et de règlement-livraison risquent de retenir le plus l’attention des gendarmes de la concurrence. Une fusion peut consolider une structure en silo très intégrée, particulièrement chez Deutsche Börse. Or la Commission européenne n’a cessé depuis des années d'émettre des réserves sur ce business model, sans toutefois jamais s’attaquer directement à un opérateur sur le fondement du droit de la concurrence. «Il serait étonnant qu’elle accepte le ‘business as usual’. Il y aura des changements», indiquait hier une source proche.
Ici, l’examen de la fusion devra tenir compte de la nouvelle réglementation du post-marché (EMIR) qui pourrait être adoptée avant l'été. Le degré d’interopérabilité entre opérateurs du post-marché est au cœur des discussions actuelles entre le Parlement et le Conseil.
La notification interviendra, selon nos sources, dès l’officialisation de la fusion, mardi prochain. La Commission européenne a 25 jours pour se prononcer. Si les deux groupes arrivent d’emblée avec des «remèdes» propres à rassurer l’autorité de la concurrence, ils pourraient, en théorie, obtenir un blanc-seing avant la fin mars. Mais, vu la complexité du cas, il est plus probable qu’une négociation plus longue s’engage. «Après 25 jours, ils risquent d’avoir plus de questions que de réponses», indiquait hier une source européenne.
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