Bruxelles met à nouveau Paris en garde sur ses déficits
L'économie française ne devrait pas notablement s’améliorer d’ici deux ans, selon la Commission, ce qui ne permettra pas de respecter les engagements budgétaires.
Publié le
Florence Autret, à Bruxelles
Pierre Moscovici, commissaire européen en charge des Affaires économiques.
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Crédit European Union EP
La Commission européenne ne croit toujours pas aux engagements budgétaires du gouvernement français. Selon les dernières prévisions économiques de Bruxelles, publiées mardi, le déficit français resterait de -3,2% à la fin de l’année prochaine, quand le gouvernement assure qu’il passera à 2,7%. Or Paris s’est engagé à repasser sous la barre des 3% au plus tard l’an prochain. Après trois délais successifs, le respect de cet objectif est même devenu en soi un test de crédibilité des règles budgétaires européennes.
«Je suis obligé de constater que nous avons toujours un écart», a déclaré le commissaire en charge de l’euro Pierre Moscovici, «mais il se réduit». Selon des sources gouvernementales françaises, cet écart tiendrait à certaines mesures du plan de finances qui seront adoptées plus tard dans l’année dont Bruxelles ne tiendrait pas compte. Les services de la Commission reconnaissent que, faute de précisions suffisantes, seuls 12,4 milliards sur les 24,8 d’économies annoncées par le gouvernement Valls sont pris en compte dans ses calculs.
Les cadeaux fiscaux devront être compensés
«La cible pour 2017 reste tout à fait jouable à une condition : que la France maintienne le cap de finances publiques sérieuses», a ajouté Pierre Moscovici. Il a également réagi aux rumeurs sur de possibles baisses d’impôt avant l’échéance présidentielle et les possibles augmentations de salaire dans la fonction publique : «si cela devait se produire, cela devrait immédiatement être compensé dans le cadre des prévisions qui sont les nôtres».
A court terme, les prévisions restent sombres pour l’économie française. Bruxelles anticipe la poursuite de l’augmentation de la dette à 97% du PIB en 2017, alors qu’elle a commencé à baisser nettement dans l’ensemble de la zone euro, sous l’effet des excédents budgétaires allemands.
Le retour de la croissance autour de 1,7% en 2017 serait essentiellement dû à la reprise de l’investissement, que Bruxelles espère voir atteindre 4%. Cela permettrait une légère baisse du chômage. Autant dire que Paris va devoir continuer à fourbir ses arguments d’ici au conseil Ecofin du 18 mai, où les ministres des Finances décideront des suites à donner aux procédures ouvertes dans le cadre du pacte de stabilité.
Ni le déficit budgétaire, ni l’instabilité politique, ni même la dégradation de l’économie mondiale liée à la crise au Moyen-Orient ne devraient trop peser sur la notation de l’agence, qui sera dévoilée vendredi.
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