Bruxelles attend des propositions de Theresa May pour sortir de l’impasse
Les Européens attendent de pied ferme la Première ministre britannique, qui doit expliquer ce soir à Bruxelles la position de Londres sur les négociations du Brexit. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a appelé hier Theresa May à offrir des «propositions concrètes» et «créatives» pour «sortir de l’impasse». En dépit des avancées de la semaine dernière, la question de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord continue de faire obstacle à un accord. Theresa May devra donc montrer qu’une solution est possible pour la quadrature du cercle de l’accord de sortie, consistant à respecter à la fois l’intégrité du Royaume-Uni, l’intégrité de l’île d’Irlande, et l’intégrité du marché unique.
Décembre, ultime limite pour un accord
Les Européens sont toutefois sceptiques, car «il n’y a pas de formule magique», souligne une source à l’Elysée, et «une forme de contrôle quelque part est nécessaire». Puisque Londres comme Bruxelles refusent de voir s’ériger une frontière physique entre les deux Irlande, afin de respecter l’accord de paix de 1998, les contrôles, même allégés et espacés, devront être prévus entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni dans le «filet de sécurité». Et pour que ce mécanisme fasse bien office de filet de sécurité, visant à éviter l’établissement d’une frontière physique en Irlande quelle que soit l’issue des négociations sur la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, Bruxelles juge qu’il ne pourra pas être limité dans le temps. Au contraire, Londres insiste pour que ce mécanisme soit temporaire.
Les négociations risquent donc de reprendre après le sommet de ce soir et pourraient s’étaler sur plusieurs semaines. «Nous allons utiliser cette période, calmement et sérieusement, pour parvenir à un accord général», a déclaré hier le négociateur européen, Michel Barnier. La tenue d’un nouveau sommet en novembre reste à confirmer, et dépendra notamment de la flexibilité dont fera preuve Theresa May ce soir, sachant que «l’ultime limite» pour un accord est en décembre, a indiqué le négociateur aux ministres européens des Affaires étrangères, d’après une source européenne citée par Reuters. «Au-delà de la bonne volonté, nous avons besoin de faits pour faire avancer les choses», a souligné Donald Tusk.
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