Bpifrance se frotte au dossier sensible du sauvetage de l’imprimeur CPI
Une semaine après sa naissance officielle, Bpifrance est déjà sous les feux de la rampe. La Banque publique d’investissement a injecté 11 millions d’euros dans la start-up française Withings, aux côtés de trois fonds d’investissement. Dans l’ombre, elle travaille aussi sur des dossiers plus délicats.
Il y a d’abord le sauvetage des sites français du fabricant d’aluminium Rio Tinto, pour lesquels la confirmation de sa prise de participation se fait attendre. S’y ajoute désormais l’imprimeur CPI. Selon Les Echos, Bpifrance s’intéresserait, en duo avec un fonds, à la reprise de ce groupe en difficulté, à une condition radicale: l’abandon total des créances des banques qui avaient pris le contrôle de l’entreprise en 2009, lors du retrait des fonds CVC et Cognetas.
RBS, BNP Paribas, le canadien CIBC et UniCredit semblent en première ligne dans le processus de cession qui implique les 17 banques actionnaires, conseillées par Rothschild, indiquent plusieurs sources de marché. La direction de CPI est quant à elle accompagnée par Messier Maris & Associés. Aucune des parties prenantes n’a souhaité faire de commentaires, hormis CPI qui indique être en discussions depuis plusieurs mois avec des repreneurs potentiels.
Malgré un résultat d’exploitation encore positif, CPI risquerait un assèchement de sa trésorerie, un argument rejeté par certains observateurs qui mettent plutôt en avant la fragilité du business model. La dette senior de CPI avait été ramenée de 420 millions à 123 millions d’euros en 2009, mais son endettement total atteignait encore 220 millions d’euros en y incluant les obligations remboursables en actions et les lignes revolving, de leasing et d’affacturage mises en place à l’époque. La dette s’élèverait encore à 165 millions d’euros selon Les Echos, entre 120 et 150 millions selon une source proche de l’entreprise.
La reprise de CPI permettrait à Bpifrance d’être en première ligne dans la défense des quatre sites industriels français de CPI et de leurs 600 emplois. Un exercice à haut risque. Les repreneurs potentiels approchés ces derniers mois n’ont pas donné suite, à l’instar du fonds de retournement Perceva Capital.
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