BPCE invente les «CoCos» à usage interne

Ses réseaux ont souscrit 2 milliards d’euros de titres fin mars. L’ACP ne souhaite pas que les banques françaises placent de tels titres sur le marché
Alexandre Garabedian
Photo: PHB/Agefi
Photo: PHB/Agefi  - 

BPCE innove en toute discrétion. L’organe central des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne a émis fin mars du capital contingent, assimilable aux obligations convertibles contingentes qui ont fait leur apparition depuis le début de la crise financière sous le nom de «CoCo». Mais ce placement de titres, de 2 milliards d’euros, est resté réservé aux caisses et aux banques régionales du groupe.

Celles-ci ont souscrit des titres super subordonnés (TSS) qui ont pour particularité d’être convertis en actions si le ratio de solvabilité de BPCE SA passe en dessous d’un certain seuil. Les 19 Banques Populaires et les 17 Caisses d’Epargne se sont partagé le placement à hauteur d’un milliard d’euros pour chaque enseigne. La transaction permet à BPCE SA de reconstituer ses fonds propres après avoir pris à sa charge des actifs pondérés de Natixis dans le cadre d’une opération de transfert de risque. Celle-ci n’a pas d’impact, en revanche, sur la solvabilité du groupe BPCE dans son ensemble.

Ce placement de «CoCo» à usage interne illustre aussi la doctrine de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) dans ce domaine. La tutelle des banques françaises ne souhaite pas que ces dernières placent ce type d’instruments sur les marchés. «Tant que les règles de Bâle 3 ne sont pas totalement finalisées en Europe à travers la directive CRD4, l’ACP ne veut pas donner l’autorisation d’émettre des"CoCos» sur le marché, explique un banquier. Elle ne veut pas prêter le flanc à des accusations de laxisme vis-à-vis des banques françaises de la part d’autres superviseurs européens».

L’intérêt des «CoCos» reste d’ailleurs un sujet de débat parmi les professionnels de la finance. Le régulateur suisse, qui souhaite limiter le risque systémique posé au pays par la taille d’UBS et de Credit Suisse, en a fait l’un des outils permettant aux deux groupes d’atteindre un ratio de solvabilité de 19%. Les deux banques ont des approches divergentes: UBS a placé en février des titres contingents mais non convertibles, un peu à l’image de Rabobank fin 2011, tandis que Credit Suisse, avec Barclays, est le seul établissement en Europe à avoir opté pour l’émission de «CoCos» pures et dures. Des titres qui ont d’ailleurs surtout trouvé preneur auprès de la clientèle moyen-orientale et asiatique à travers les banques privées, les investisseurs européens restant circonspects.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...