Bob Diamond est de plus en plus menacé à la tête de Barclays
Semaine décisive pour Barclays. La banque britannique, qui a dû verser 290 millions de livres d’amendes la semaine dernière pour avoir manipulé le taux interbancaire Libor, a annoncé hier que son président Marcus Agius démissionnait de son poste.
Première victime de ce scandale qui pourrait concerner une vingtaine d’institutions financières, Marcus Agius s’est déclaré comme «ultime responsable» en se disant désolé d’avoir déçu à la fois les clients, les employés et les actionnaires de la banque. Cette démission a été saluée à la Bourse de Londres par une remontée de l’action à hauteur de 3,4%, qui n’efface pas la baisse de près de 40% ces douze derniers mois et de 14% depuis jeudi.
Elle n’a pourtant pas éteint le feu. Le directeur général de Barclays Bob Diamond, qui avait annoncé la semaine dernière renoncer à son bonus 2012 à l’image d’autres cadres dirigeants, reste sur la sellette. Au cours du week-end, les commentateurs politiques ainsi que les représentants des milieux d’affaires ont été nombreux à réclamer sa tête. Le directeur général devra d’ailleurs s’expliquer dès demain devant une commission parlementaire sur ce que savait exactement la Banque d’Angleterre: des documents ont mis en lumière au cours du week-end des conversations qui s’étaient tenues en octobre 2008 entre le directeur général de Barclays et le gouverneur adjoint de la Banque d’Angleterre Paul Tucker au sujet du Libor.
Alors que l’agressivité envers les banquiers a atteint un sommet outre-Manche, le chancelier de l’Echiquier George Osborne a annoncé hier la tenue d’une commission parlementaire sur le Libor ainsi que sur les standards en vigueur dans l’industrie financière. En attendant les conclusions de cette enquête d’ici à la fin de cette année, ce nouveau scandale jette surtout un discrédit supplémentaire sur Bob Diamond, dont le nom a plus souvent été associé ces derniers mois à des montants de bonus astronomiques plutôt qu’à sa capacité à atteindre les objectifs de rentabilité qu’il s’était fixés pour Barclays lors de sa nomination.
S’il continue à être soutenu par une grande partie de son conseil d’administration, la pression extérieure pourrait conduire Bob Diamond à la démission. Son départ ouvrirait alors une nouvelle ère pour Barclays: la banque britannique a d’ailleurs annoncé hier son intention de lancer un audit sur ses pratiques en vue d’identifier les défaillances.
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