Bob Diamond dédouane la Banque d’Angleterre dans le scandale du Libor
«J’aime Barclays.» C’est par cette déclaration d’amour à son ancien employeur qu’a démarré l’audition de Bob Diamond devant la commission du Trésor de la Chambre des communes (Londres) réunie hier après-midi pour le questionner sur son rôle dans les manipulations du Libor.
Le banquier, qui a démissionné mardi de son poste de directeur général, a reconnu tout au long de la séance que des comportements répréhensibles avaient été tenus par 14 des traders de la banque. Or, dès lors que ces comportements, qui l’ont «rendu physiquement malade» ont été identifiés, des actions ont été prises pour y mettre un terme, s’est-il défendu. Les coupables ont été licenciés et les procédures d’audit améliorées de façon à identifier d’autres possibles défaillances au sein de la banque.
A de nombreuses reprises, le professionnel a plaidé l’ignorance : devant l’incrédulité des membres du comité, il a ainsi déclaré avoir pris connaissance des pratiques de manipulations du taux Libor seulement quelques jours avant que la FSA (Financial Services Authority) n’impose son amende de 290 millions de livres, alors que le dossier est public depuis plus d’un an.
Les questions ont également fusé sur l’implication de la Banque d’Angleterre dans l’abaissement du Libor de Barclays. Bob Diamond a déclaré que le vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre Paul Tucker l’avait appelé à New York fin octobre 2008 pour lui faire part des inquiétudes de «personnalités de Whitehall» sur le taux Libor élevé de la banque. A cette époque, Barclays était en train de finaliser une levée de fonds à hauteur de 7,3 milliards de livres auprès des Etats souverains du Qatar et d’Abou Dhabi. Bob Diamond a déclaré qu’il s’était inquiété à l’époque du fait que ce taux élevé puisse conduire les officiels à penser que Barclays doive être nationalisée. Or, à aucun moment, Bob Diamond n’a supposé que la BoE lui demande de faire baisser ces taux.
Les membres du comité se sont également étonnés de l’erreur de jugement commise par Jerry del Missier, président de BarCap à l’époque, et qui a cru à l’inverse qu’une instruction dans ce sens avait bel et bien été donnée par la BoE. «N’avez-vous pas eu de discussions avec Jerry del Missier à ce sujet ?», a interrogé Andrew Tyrie, président de la commission. Réponse de Bob Diamond: «Je n’étais pas conscient de la mauvaise interprétation faite par Jerry.» Les membres du comité ne semblaient pas convaincus.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions anticipent toujours une résistance des Bourses
Les Bourses japonaises et américaines devraient à peine progresser sur les six prochains mois. Paris dispose de près de 4% de potentiel de hausse, juste de quoi effacer le retard accumulé depuis le début de l’année. -
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Mur démographiqueLes Ehpad ulcérés par le budget 2027
Malgré une hausse apparente des dépenses prévues, les textes budgétaires réservent de mauvaises surprises aux acteurs du grand âge -
Crise de nerfsLa dette française dans le chaudron des marchés, jusqu'où ?
Des investisseurs abandonnent la dette française au profit des emprunts allemands. La BCE est dans la ligne de mire -
Attaque-défenseContrôle des investissements étrangers : Berlin prépare un plan anti-Chine
Le ministère allemand de l'Economie veut renforcer le droit de regard du gouvernement fédéral pour prévenir des investissements chinois dans des secteurs stratégiques