BNP Paribas joue son rôle dans la désintermédiation du financement
En annonçant hier le lancement du fonds commun de placement (FCP) BNP Paribas France Crédit, la banque de la rue d’Antin donne un premier exemple concret dans sa stratégie de désintermédiation du financement des entreprises. Jean-Daniel Wurtz, responsable du marché des entreprises, avait indiqué en juin que BNP Paribas travaillait à attirer des investisseurs vers les PME dans le cadre de placements privés de dette. Entretemps, la Société Générale et le Crédit Agricole ont annoncé des initiatives en ce sens, avec Axa.
Cardif, la filiale d’assurance de BNP Paribas, a confié 280 millions d’euros au FCP, qui sera géré par les équipes de BNP Paribas Investment Partners (IP). Ce montant à investir dans les trois ans pourra augmenter légèrement, mais une limite ferme a été fixée à 300 millions. Le montant unitaire des investissements sera compris entre 10 et 20 millions environ. Les dossiers de prêt ou d’émission obligataire seront montés et présentés par la banque de financement et d’investissement. BNP Paribas IP, qui gère déjà un encours d’un milliard d’euros de dette d’entreprises, fera sa sélection. La capacité de remboursement des sociétés sera le critère déterminant; les secteurs d’activité et l’internationalisation n’entreront pas en ligne de compte.
Alors que la Société Générale et le Crédit Agricole ont fait appel à un investisseur extérieur (Axa), BNP Paribas a d’abord cherché à satisfaire une demande interne. «Le FCP apporte à l’épargnant une diversification des risques, puisque le véhicule n’est pas concentré sur une seule signature, ainsi que du rendement, explique Christian Dargnat, directeur des gestions de BNP Paribas IP. Les entreprises auront accès à l’épargne placée à moyen et long termes, des horizons également recherchés par l’assureur. Quant à la banque de financement, elle percevra une rémunération correspondant à l’apport des dossiers de financement».
La réglementation financière favorisant la désintermédiation, l’expérience ne s’arrêtera pas là. « Nous avons bon espoir de signer dans les mois à venir des accords de ce type, portant sur la création de véhicules ouverts à plusieurs investisseurs institutionnels, pour un montant global d’environ un milliard d’euros, indique Christian Dargnat. Dans un second temps, en fonction de la demande, nous serons prêts à accueillir de nouvelles propositions de prêts en provenance d’autres établissements bancaires »,
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