BNP Paribas CIB délocalise en Inde 700 postes de prestataires européens
BNP Paribas a trouvé une parade pour faire des économies sans lancer de plan social. Sa banque de financement et d’investissement (BFI) va remplacer des prestataires informatiques européens par des salariés «maison» recrutés en Inde, a appris L’Agefi de sources concordantes. D’ici à fin 2015, elle va créer sur sa plate-forme de Mumbai entre 650 et 750 postes dédiés à la «maintenance applicative» et au «testing», précise une source syndicale. Une première vague de transferts est déjà en cours cette année. BNP Paribas n’a pas souhaité faire de commentaires.
En interne, la direction justifie son projet par le fait que les postes concernés n’existent plus au sein de BNP Paribas en Europe. Ils sont occupés par des prestataires externes, salariés de sociétés informatiques, principalement en France mais aussi dans d’autres pays. Les remplacer par des salariés de BNP Paribas en Inde permet certes de gonfler les effectifs, mais aussi de réaliser de substantielles économies, compte tenu du moindre coût du travail sur place. Des back-offices des crédits documentaires ont ainsi déjà été transférés à Mumbai. Cette fois, les métiers, les sites et les prestataires les plus touchés ne sont pas détaillés.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du plan Simple & Efficient , présenté en début d’année. En contrepartie de 1,5 milliard d’euros d’investissements sur trois ans, BNP Paribas vise 2 milliards d’économies récurrentes (-9,2% par rapport à la base de coûts de 2012). Les 500 millions attendus pour 2013 sont déjà dépassés avec 549 millions de réduction de coûts à fin septembre.
Plus internationale et plus flexible que les réseaux domestiques, la BFI y a contribué à 32%, mais sa part finale devrait rester autour de 30%. Pour l’instant, l’objectif total n’est pas revu à la hausse. Le groupe réserve ses annonces éventuelles à la présentation de son nouveau plan stratégique, début 2014. Après l’adaptation de la banque de financement aux nouvelles normes de liquidité de Bâle 3, les activités de marchés de la BFI pourraient être dans le viseur.
Certains concurrents ont choisi une autre voie que BNP Paribas, à l’image de la Société Générale qui a externalisé ses back-offices titres chez Accenture , en lui transférant une partie de son personnel. 250 collaborateurs, pour moitié en France, ont accepté de rejoindre la nouvelle plate-forme. SG CIB attendrait de ce projet entre 90 à 160 millions d’euros de gains cumulés sur plusieurs années.
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