BNP Paribas allie sa BFI et ses services titres pour compenser les dérivés
Les métiers titres sortent de l’ombre. Dans son plan stratégique présenté lundi, BNP Paribas met l’accent sur ses activités de dépositaire et conservateur d’actifs, réunies sous la bannière BNP Paribas Securities Services (BP2S). Le groupe compte sur ce levier pour collecter des liquidités auprès des institutionnels et renforcer ainsi son bilan, en visant 10.000 milliards de dollars d’actifs conservés en 2016 (7.300 milliards d’euros, +8% par an). Mais il veut aussi l’actionner pour s’adapter aux changements réglementaires sur les dérivés.
Cinquième acteur mondial derrière quatre américains, BP2S va combiner son expertise avec celle de la banque de financement et d’investissement (BFI) du groupe pour créer une «business unit commune» dans la compensation des dérivés, imposée progressivement par le règlement européen Emir. «Dans les dérivés OTC (de gré à gré, ndlr) et listés, nous sommes l’un des rares fournisseurs de services à offrir la palette complète de services, couvrant l’exécution, la conservation, la compensation et la transformation du collateral», a déclaré Frédéric Janbon, responsable mondial du fixed income.
BNP Paribas ne détaille ni ses investissements, ni sa future organisation, mais ses ambitions font écho à l’importance de ses activités de taux et change. Premier pôle de sa BFI, elles revendiquent la cinquième place en Europe et la dixième mondiale en termes de revenus en 2013 sur les marchés primaire et secondaire. «Les objectifs qui nous paraissent les plus ambitieux sont ceux attribués aux métiers fixed income (+7% par an), note Jean Sassus, analyste chez Oddo Securities. Il est vrai qu’ils reposent en partie sur une hypothèse de réduction des capacités au niveau (du) secteur dont BNP Paribas compte profiter».
La Société Générale pourrait aussi réunir ses expertises pour optimiser le collateral de ses clients sur différentes classes d’actifs. Elle compense aujourd’hui des dérivés chez Société Générale Securities Services, en compte propre dans sa division de marchés de capitaux, et enfin au sein de Newedge, courtier de dérivés bientôt détenu à 100% après le rachat de la part du Crédit Agricole. Les arbitrages finaux du groupe seront révélés le 13 mai, lors de sa journée investisseurs, indique une source proche.
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