Blackstone empoche l’activité de private equity secondaire de Credit Suisse
L’ogre mondial du capital-investissement Blackstone a annoncé l’acquisition auprès de Credit Suisse de Strategic Partners, sans dévoiler le prix d’une transaction qui devrait être bouclée d’ici fin septembre. L’activité objet de l’opération gère 9 milliards de dollars d’actifs dans le cadre du marché secondaire du private equity, sur lequel s’échange des parts de fonds déjà existants. Strategic Partners a ainsi vocation à tirer parti du souhait de liquidité exprimé par des investisseurs initiaux au sein d’un fonds.
Blackstone ajoute de la sorte une corde à son arc. Son responsable des opérations Tony James n’a pas manqué de se réjouir de cet apport, lui qui avant de rejoindre la société américaine en 2002 était responsable de la banque d’investissement et du private equity chez Credit Suisse. Il a dirigé la création de Strategic Partners en 2000, la société employant aujourd’hui vingt-six professionnels de l’investissement, sous la houlette de Stephen Can et Verdun Perry. Strategic Partners conservera son indépendance de gestion au sein de son nouveau groupe, qui gère déjà quelque 218 milliards de dollars d’actifs à fin mars. Ce vœu de diversification satisfait par Blackstone rappelle le rachat en 2011 par Carlyle du néerlandais AlpInvest, lui aussi spécialiste du marché secondaire du private equity. Certes le marché est actif, avec un record égalant l’an passé celui de 2001 de 25 milliards de dollars de transactions sur ce marché secondaire, selon Cogent Partners. Le Wall Street Journal souligne que Strategic Partners a récemment acquis des participations auprès de BNP Paribas et du fonds souverain de Singapour GIC.
Blackstone saisit avec l’acquisition de Strategic Partners une opportunité née d’une adaptation de périmètre concédée par Credit Suisse, pour qui l’opération a tout autant valeur de symbole. La banque avait en effet inscrit Strategic Partners au rang des actifs à céder à l’occasion de la publication en juillet dernier de son plan de désinvestissements, sur fond de respect des réglementations en vue visant à restreindre l’accès des banques aux activités jugées risquées comme le capital investissement, en particulier la règle Volcker. Comme Blackstone, Credit Suisse respecte une tendance au sein de son secteur. Les actifs sous gestion de Bank of America par exemple ont ainsi chuté de 5,7 milliards de dollars début 2010 à un milliard à fin mars dernier.
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