Berkshire Hathaway défend la solidité de son modèle
Quelque 35.000 actionnaires ont convergé samedi pour assister à la grand-messe annuelle de Berkshire Hathaway. Sur fond de reprise américaine fragile, le PDG du conglomérat, Warren Buffett, leur a tenu un discours rassurant. «Berkshire est le numéro vert quand la panique s’empare du marché», a-t-il lancé. Certes, le groupe, fort d’une capitalisation boursière de 268 milliards de dollars, ne produit plus les étincelles d’antan. Mais la diversité de ses activités le place en position idéale pour bénéficier d’un redémarrage.
Au premier trimestre, Berkshire a vu son bénéfice grimper de 51%, à 4,89 milliards de dollars, porté par le dynamisme de sa division ferroviaire (Burlington Northern) et de son activité d’assurance. Berkshire Hathaway Reinsurance Group a ainsi dégagé un bénéfice technique de 901 millions de dollars, contre 54 millions il y a un an. Le résultat brut de l’assureur auto Geico a plus que doublé pour atteindre 266 millions de dollars. Des gains sur dérivés actions ont également contribué au résultat, à hauteur de 1,25 milliard de dollars.
Face aux actionnaires, Warren Buffett a défendu les dernières opérations réalisées. En février dernier, la société a déboursé 12,1 milliards de dollars pour reprendre Heinz, justifiant un tel investissement par la confiance que l’investisseur du Nebraska place dans son partenaire 3G Capital. «Nous avons dépassé un peu à cause de cela», a-t-il reconnu, le groupe disposant néanmoins d’une trésorerie record de 49,1 milliards de dollars à fin mars.
L'«oracle d’Omaha» a promis d’autres acquisitions d’envergure mais les dossiers attrayants ne se bousculent pas. «Avec des taux d’intérêt à zéro, les prix qui sont versés sont très élevés», a souligné Charlie Munger, fidèle lieutenant de Warren Buffett. Ce dernier a par ailleurs justifié la conversion de warrants acquis en 2008 pour soutenir Goldman Sachs. Une opération àqui évite au conglomérat de débourser 5 milliards de dollars pour acquérir 43,5 millions de titres.
La succession de Warren Buffett, âgé de 82 ans, est un autre dossier surveillé avec attention par les actionnaires. L’investisseur a assuré être «parfaitement en accord» avec le conseil d’administration sur le profil du prochain directeur général. Il n’a toutefois pas donné de détails et a indiqué que son fils Howard, âgé de 58 ans, pourrait devenir président non-exécutif et veiller ainsi à la préservation de l’identité de l’entreprise.
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