Barclays suit le mouvement en arrêtant ses activités de matières premières
Barclays abaisse le rideau. Comme Deutsche Bank et Bank of America, le groupe britannique a annoncé hier la fermeture d’une grande partie de ses activités liées aux matières premières, en l’occurrence le courtage de métaux, d'énergie et de denrées agricoles. Il restera seulement actif dans les métaux précieux, le pétrole, le gaz américain et les produits indiciels. Sur ce périmètre resserré, la banque recourra principalement au trading électronique.
Après des coupes de personnel en janvier et la fermeture des desks d’électricité en février, ce recentrage devrait entraîner de nombreuses suppressions de postes parmi les 160 opérateurs de Barclays dédiés aux ressources naturelles, indiquait hier matin le Financial Times. La division, qui comptait encore 200 personnes en mai dernier, a déjà arrêté le trading spéculatif de matières premières agricoles l’an dernier et quitté le London Metal Exchange en 2012.
Ajoutées au remaniement, jeudi dernier, de la direction de la banque d’investissement, les déclarations d’hier permettront à Anthony Jenkins, le directeur général de Barclays, de donner des gages de bonne volonté aux actionnaires réunis demain en assemblée générale. Les investisseurs ont mal accueilli la hausse de 10% des bonus des traders et dirigeants, alors que le bénéfice du groupe a baissé d’un tiers en 2013. Les annonces des derniers jours précèdent aussi les coupes drastiques attendues à l’échelle de la banque d’investissement, lors de la journée investisseurs du 8 mai: Barclays Capital pourrait voir sa taille réduite de 20% au prix de 5.000 suppressions de postes supplémentaires, selon certains analystes.
Acteur de second rang comme Deutsche Bank et BNP Paribas, Barclays assure que son retrait des matières premières n’aura pas d’impact sur ses résultats financiers. Ses choix sont dictés par la recherche d’une meilleure rentabilité et par la pression réglementaire, judiciaire et politique. Les revenus des dix banques les plus actives dans les ressources naturelles ont fondu de 18% l’an dernier, à 4,5 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros) selon le cabinet Coalition, sur fond de baisse des cours de l’or et des denrées agricoles.
La volatilité des prix de l’énergie a permis à l’inverse à Goldman Sachs et à Morgan Stanley d’afficher de bonnes performances au premier trimestre 2014. Morgan Stanley va tout de même vendre une partie de son activité au russe Rosnef, tandis que JPMorgan en cède l’essentiel au courtier genevois Mercuria.
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