Barclays évite un procès civil sur le Libor
Bob Diamond s’épargne une visite au tribunal. L’ancien directeur général de Barclays, qui développe désormais des projets d’investissement en Afrique, ne sera pas contraint de venir témoigner dans le cadre d’un litige portant sur des swaps de taux liés au Libor. Le plaignant, Graiseley Properties, maison-mère de l’opérateur de résidences médicalisées Guardian Care Homes (GCH), a décidé d’abandonner les poursuites contre la banque.
«Dans le but de soutenir la viabilité de l’activité de prise en charge de la dépendance, les parties sont convenues d’une restructuration commerciale de la dette de Graiseley, qui reflète l’impact des bouleversements dans les conditions de ce secteur au cours des dernières années», indique un communiqué de Barclays. Selon la banque, GCH lui devait environ 70 millions de livres, incluant des prêts. Les swaps, qui étaient destinés à réduire l’exposition de la société à la hausse des taux d’intérêts, ont fini par lui coûter 12 millions de livres.
A l’origine, l’opérateur britannique a saisi la justice pour invalider les contrats de swaps. Il a dans un deuxième temps introduit la question du Libor, estimant qu’il aurait dû être informé des soupçons de manipulation. Cette dimension a été intégrée au dossier après la pénalité de 290 millions de livres infligée en 2012 à Barclays par les régulateurs britanniques et américains.
Les auditions qui se sont déroulées ces derniers mois ont apporté des éléments confondants pour la banque. Le mois dernier, les avocats de Graiseley ont notamment produit un courriel de Jerry Del Missier, l’ancien directeur des opérations de Barclays. Dans ce document daté de 2007, le banquier qualifiait les taux Libor de «fantasme».
Même si l’établissement n’a cessé de dénoncer ces derniers mois des poursuites «sans fondement», un procès au civil aurait pu mener à d’autres révélations ou témoignages de ce genre. Sans compter que la facture juridique de Barclays dans ce dossier a déjà dépassé les 10 millions de livres, selon le quotidien britannique The Guardian.
Barclays n’est d’ailleurs pas le seul établissement à faire l’objet d’une attaque sur ce terrain. Le groupe immobilier indien Unitech bataille également contre Deutsche Bank. Un dossier qui peut déboucher, en l’absence d’un accord similaire à celui conclu par Barclays, sur un procès.
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