Bain Capital mise gros sur la croissance spectaculaire de Maisons du Monde
Le secteur de la distribution anime les rares transactions d’envergure sur le marché du LBO en France. Après Sandro Maje, et en attendant Nocibé, c’est Maisons du Monde qui s’apprête à changer de mains à l’occasion d’un troisième leveraged buy out en huit ans. Apax et LBO France, qui détiennent chacun 36% du capital de l’enseigne d’ameublement aux côtés de ses dirigeants (20%) et d’un troisième fonds, NiXen (8%), sont entrés hier en négociations exclusives avec Bain Capital. Ils espèrent boucler la transaction début août. La dette LBO devrait être financée par une obligation high yield, comme pour le dossier Sandro Maje.
Conseillés par Lazard et Messier Maris, ainsi que SJ Berwin pour la partie juridique, les actionnaires actuels ont lancé effectivement le processus de vente fin mars auprès d’un nombre limité d’acquéreurs potentiels. Axa Private Equity, PAI Partners et Bain ont passé le premier tour d’enchères fin avril avant de remettre leurs offres début juin. Celle du fonds d’origine américaine, qui était épaulé par Leonardo, CA CIB et le cabinet Latham & Watkins, a été jugée la plus attrayante.
Les conditions financières de l’opération ne sont pas dévoilées à ce stade. Mais à 650 millions d’euros selon des sources bien informées, le prix serait inférieur aux 700 millions qu’attendaient les vendeurs. Ceux-ci réalisent cependant une très belle opération. Ils avaient acquis Maisons du Monde en 2008 pour un prix évalué à l’époque à 435 millions. Entretemps, l’enseigne de décoration grand public fondée en 1996 a prouvé sa résistance à la crise et continué sa croissance spectaculaire. Le chiffre d’affaires a bondi de 230 millions d’euros en 2007 à environ 500 millions l’an dernier et 600 millions attendus pour 2013. L’Ebitda est passé dans l’intervalle de 36 à 75 millions d’euros, ce qui valorise l’entreprise sur un multiple élevé, autour de 9 fois.
Sur la période, le groupe a ouvert environ 50 points de vente, dont une vingtaine en Italie, terre d’élection de la croissance à l’international devant la Belgique et l’Espagne. Bain devrait poursuivre cette expansion hors d’un marché français qui représente encore 70% des revenus, avec sans doute une ouverture en Allemagne. L’élargissement de l’offre constitue un autre axe de croissance: après l’outdoor, un catalogue enfants va bientôt paraître.
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