Axa Private Equity reprend les fonds de Bank of America
Depuis le début de l’année, Axa Private Equity anime à lui seul le marché secondaire du capital-investissement, consistant à acquérir des participations dans des fonds déjà levés auprès d’investisseurs. Après avoir signé un contrat préliminaire avec Natixis Private Equity, et alors qu’il est toujours en négociation avec KBC, il a annoncé hier l’acquisition d’un portefeuille d’une valeur nominale de 1,9 milliard de dollars à Bank of America. C’est l’une des plus grosses opérations jamais enregistrée sur le marché secondaire. La banque d’affaires Greenhill & Co et le cabinet Baker & McKenzie ont agi en tant que conseils.
Ce portefeuille est composé de parts dans 60 fonds de LBO, investis à 90% dans des entreprises américaines de grande taille ou de taille moyenne. Le montant de la transaction n’est pas communiqué, mais Vincent Gombault, directeur général des fonds de fonds chez Axa PE, précise que la décote obtenue se situe dans la moyenne du marché (entre 0% et 10% de la valeur de l’actif net, sans prendre en compte une baisse éventuelle de cette valeur).
«Nous contactons tous les trimestres les gérants des fonds dans lesquels nous sommes investis, ce qui nous permet de suivre l’évolution du marché. Nous sommes ainsi convaincus que les participations n’auront pas à faire face au ‘mur’ de dette tant craint dans les années à venir. 80% des grands deals américains réalisés pendant la bulle vont passer: les sociétés sous LBO ont réduit leur endettement et vu leur Ebitda progresser», explique Vincent Gombault.
Axa PE fait un retour en force dans le secondaire. Estimant injustifiées les primes auxquelles les parts se négociaient en 2007, la société de gestion s’était retirée du marché, alors qu’elle avait collecté 2,9 milliards d’euros pour son quatrième véhicule dans cette classe d’actifs l’année précédente. Si l’accord avec KBC se conclut, le fonds sera alors quasiment investi à 100% - impliquant ainsi la levée d’un cinquième véhicule. Mais entretemps, la filiale de l’assureur dispose d’un droit de tirage supplémentaire d’un milliard d’euros auprès de ses investisseurs.
Les négociations avec Bank of America ont débuté il y a dix-huit mois, alors que la banque digérait Merrill Lynch. La réforme Volcker, débattue au Sénat et qui prévoit d’interdire aux banques l’investissement pour compte propre, l’a sans doute confortée dans son désir de sortir du non-coté.
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