Axa PE finance IPH avec une ligne unitranche record

Le financement de 220 millions d’euros destinés au rachat par PAI du distributeur industriel permettra à ce dernier de poursuivre ses acquisitions
Alexandre Garabedian

L’unitranche continue sa percée sur le marché des LBO de taille moyenne. Axa PE a bouclé un financement de 220 millions d’euros pour appuyer le rachat, annoncé fin 2012, du distributeur de fournitures industrielles IPH par PAI Partners. Il s’agit de la plus importante unitranche accordée à ce jour en Europe.

Ce type de financement mêle dette senior et mezzanine dans une seule ligne. Il se substitue depuis quelques années au financement bancaire dans certains dossiers en raison du moindre appétit des banques pour les LBO, notamment sur les transactions de taille moyenne. Dans le cas d’IPH, le coût du produit est à deux chiffres: le calcul du rendement intègre un coupon cash de 5,5% minimum (à marge sur Euribor avec un «floor»), des intérêts capitalisés (pay in kind, PIK) et des warrants donnant accès au capital. Axa PE est désormais coutumier de ce genre de transactions, avec déjà cinq unitranches signées depuis 2011 pour un montant supérieur à 700 millions d’euros, et souscrites par son fonds de dette.

«L’unitranche est remboursable in fine. Cela permet à la société de conserver tous ses cash flows, hormis les intérêts, pour financer sa croissance externe», explique Olivier Berment, coresponsable de l’activité private debt chez Axa PE. Avec une croissance de son marché limitée à 1% à 2% par an, les acquisitions font en effet partie du modèle économique d’IPH: elle en a réalisé une centaine depuis 1996, avec encore deux transactions (Zitec et Wilhem Jung) début 2012. Le financement comprend d’ailleurs une capacité de tirage de 40 millions d’euros pour des projets futurs, en plus de 180 millions effectivement débloqués à la signature de la transaction.

«Axa PE a syndiqué une partie du financement et en conserve un peu moins des deux tiers. Par rapport à une syndication bancaire classique, qui disperse la dette auprès d’une multitude de créanciers, cela permet de maintenir un dialogue étroit avec la société», ajoute Olivier Berment.

Outre cette unitranche, le montage comprend une dette corporate d’environ 1,5 à 2 fois l’Ebitda destinée à financer l’important besoin en fonds de roulement d’IPH. Au total, le levier atteint 4,5 fois l’Ebitda. A 50/50 environ, la répartition entre fonds propres et dette est équilibrée et reflète les standards actuels du marché.

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