Axa étend sa plate-forme de prêts à l’Allemagne

L’assureur a noué un partenariat avec Commerzbank pour financer les entreprises. La tendance à la désintermédiation se poursuit
Antoine Landrot

Axa poursuit la mise en place de sa plate-forme européenne de financement des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Après avoir signé avec la Société Générale et le Crédit Agricole pour la France en 2012, l’assureur a conclu un partenariat avec Commerzbank couvrant l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche.

Le mécanisme est identique aux précédents. A travers des véhicules d’investissement conformes au droit allemand, Axa souscrira, toujours en majoritaire, des prêts arrangés par Commerzbank et destinés à couvrir les besoins à moyen terme (de 3 à 7 ans) d’entreprises clientes de l’établissement. «Plusieurs entités européennes d’Axa peuvent participer au financement de ces entreprises en fonction des besoins de leur bilan», indique Emmanuelle Nasse-Bridier, directrice des investissements crédits du groupe.

Le montant minimum d’Axa dans chaque prêt tournera autour de 30 millions d’euros. Mais l’assureur pourra intervenir dans un éventail d’entreprises plus large qu’en France. La typologie de produits financiers sera également plus étendue: prêts syndiqués, club deals, prêts bilatéraux et Schuldscheindarlehen. «Avec un environnement de taux d’intérêt bas et la recherche de rendements absolus, nous sommes heureux d’apporter à Axa des opportunités d’investissement», écrit la banque allemande.

Après la France, il était logique qu’Axa choisisse les marchés germaniques, et l’Allemagne en particulier étant donné la richesse de son tissu de PME et d’ETI (le Mittelstand). Commerzbank est la banque de financement la mieux implantée dans ce segment à l’échelon national.

Mis à part la France, Axa entend pour la suite se limiter à un accord par pays. Après l’Allemagne, ses ambitions devraient se porter vers le Benelux. «Au Royaume-Uni, nous observons l’évolution de l’initiative de Place avec la Banque d’Angleterre dans le financement des PME. Notre appétit est en rapport à notre exposition au marché britannique, qui est moindre», ajoute Emmanuelle Nasse-Bridier.

Le mouvement d’Axa confirme la tendance à la désintermédiation du financement des entreprises, alors que les banques n’ont plus le loisir de prêter comme auparavant – les perspectives réglementaires poussant à la réduction des bilans. Dans ce contexte, Amundi s’est rapproché de la Société Générale en mars dernier, tandis que l’assureur belge Ageas a signé un accord avec Natixis, la banque de gros de BPCE.

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