Au Japon, le gouvernement et la BOJ se coordonnent pour soutenir la croissance
Le premier ministre Shinzo Abe a fait adopter, mardi, le détail de son plan de relance d’un montant de 13.500 milliards de yens (118 milliards d’euros) et de son côté la Banque du Japon pourrait renforcer en septembre sa politique monétaire déjà très accommodante.
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Shinzo Abe, le nouveau Premier ministre japonais - Photo Bloomberg
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Le yen a peu réagi mardi à l’approbation par le gouvernement japonais d’un programme budgétaire d’un montant de 13.500 milliards de yens (118 milliards d’euros) destiné à relancer économique sous forme de primes en faveur des ménages à faible revenu et de dépenses d’infrastructures.
Le programme, qui intervient en plein remaniement ministériel au Japon, prévoit 7.500 milliards de yens (65,7 milliards d’euros) de dépenses par le gouvernement et les autorités locales et la mobilisation de 6.000 milliards de yens (52,6 milliards d’euros) du Programme d’investissement budgétaire et de prêt qui ne fait pas partie du budget général.
Ces dépenses de relance entrent dans le cadre d’une nouvelle tentative du gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe de coordonner sa politique avec celle de la Banque du Japon (BoJ). Celle-ci a récemment promis un réexamen de sa politique monétaire déjà très accommodante, en septembre, laissant espérer aux marchés l’adoption d’une forme d’ « helicopter money », une façon d’activer la planche à billets afin d’aider le gouvernement à stimuler l’inflation.
“L’examen pourrait constituer le premier pas vers une collaboration avec le gouvernement, ce qui serait synonyme d’helicopter money », a expliqué Daiju Aoki, economiste à UBS Securities. Selon lui, le gouvernement pourrait, par exemple, émettre des obligations sur 50 ans, et «si la BoJ s’engage à les détenir sur un très long terme, cela reviendrait à de l’helicopter money ».
Toutefois les observateurs craignent que la politique de la banque centrale nippone ait atteint ses limites, un sentiment responsable de la plus forte baisse des obligations d’Etat depuis trois ans.
«Nous avons mis au point un solide programme de relance économique destiné à favoriser l’investissement à l’avenir», a déclaré Shinzo Abe lors d’une réunion de son gouvernement et des membres de Parti libéral démocrate (PLD). «Avec ce programme, nous ne ferons pas que stimuler la demande mais nous parviendrons à une croissance économique durable guidée par la demande privée», a-t-il ajouté.
Au total, le montant de ce programme de relance s'établit à 28.100 milliards de yens (246,6 milliards d’euros) en incluant les partenariats public-privé et d’autres crédits qui ne sont pas directement des fonds publics.
Shinzo Abe avait demandé le mois dernier à son gouvernement de mettre au point un plan de relance économique pour stimuler une croissance en berne plombée par une faiblesse de la consommation.
Abe tente de remettre au goût du jour sa recette des «Abenomics», programme en trois volets lancé il y a trois ans et fondé sur une politique budgétaire de relance, une stimulation monétaire et des réformes structurelles. Ce triptyque n’a pas réussi pour l’instant à maintenir une croissante durable au Japon.
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