Ardian devient actionnaire du fonds d’infrastructures italien F2i
La règle Volcker, interdisant le trading pour compte propre des banques américaines et adoptée par les régulateurs américains lundi, continue de faire le bonheur d’Ardian. L’ancienne filiale de capital-investissement d’Axa a annoncé hier l’acquisition de la participation de Bank of America Merrill Lynch (BoA) dans le F2i. Avec 9,9% du capital de la société d’investissement italienne spécialisée dans les infrastructures transalpines, Ardian disposera d’un siège à son directoire.
La transaction comprend également 150 millions d’euros d’engagement de BoA dans le premier fonds collecté par le F2i, déjà très largement investi. Ce véhicule (qui détient par exemple une participation dans les gérants des aéroports de Turin et de Naples, la société d’autoroute Infracis ou le réseau de fibre optique Metroweb) représente un total de 1,85 milliard d’euros. Le montant de la double transaction entre Ardian et BoA n’a pas été dévoilé.
La transaction a été initiée par l’équipe de fonds de fonds secondaires basée à New York. «Nous avons noué une relation de long terme avec Bank of America depuis l’acquisition en 2010 d’un portefeuille de parts de fonds de 1,9 milliard de dollars», explique à L’Agefi Benoît Verbrugghe, membre directoire d’Ardian et responsable du bureau de New York.
La transaction induit un autre volet: «il n’est pas impossible que nous prenions un engagement dans le fonds de prochaine génération levé par le F2i», explique le responsable. Le véhicule de deuxième génération, dont la collecte a débuté en 2012, a un objectif de 1,2 milliard d’euros.
Par cette opération, Ardian et l’investisseur italien renforcent leurs liens. Ils ont déjà investi côte à côte dans plusieurs actifs ou sociétés d’infrastructure. Début décembre, ils ont acquis ensemble le solde du capital d’Enel Rete Gas, dont ils détenaient déjà 85%, à Enel Distribuzione.
L’intérêt d’Ardian pour les fonds de fonds secondaires d’une part, et pour les infrastructures d’autre part (il gère 4 milliards d’euros dans cette classe d’actifs), est bien connu. Le gestionnaire vient d’ailleurs de créer un véhicule mêlant les deux. «Les levées de fonds dédiés aux infrastructures ont considérablement augmenté ces dernières années. Cette activité a encouragé le développement d’un marché secondaire», indique Benoît Verbrugghe.
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