Alma Consulting Group met la pression sur ses créanciers récalcitrants
L’AG du cabinet de conseil doit voter aujourd’hui un plan de prise de contrôle par les créanciers. Faute d’unanimité, la société envisage une sauvegarde accélérée
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Alexandre Garabedian
Alma Consulting Group met tout en œuvre pour boucler sa restructuration de dette. La holding de tête du numéro un mondial du conseil en optimisation des coûts tient aujourd’hui son assemblée générale. Objectif: faire voter le plan de restructuration soutenu par les dirigeants en place, dont le président Hervé Amar, et qui verrait les créanciers, les fonds Babson et New Amsterdam en tête, prendre le contrôle du groupe avec environ 75% du capital. La dette de 430 millions d’euros, héritée du rachat en LBO par Candover en 2007, serait réduite à 100 millions, soit entre 4 et5 fois l’Ebitda prévisionnel 2014, selon certaines sources.
Problème, si ce projet a été approuvé lors d’un vote début août par 97% des créanciers, il requiert l’unanimité de toutes les parties prenantes. Quelques prêteurs se font encore tirer l’oreille. De même que Marc Eisenberg, fondateur d’Alma, débarqué fin 2011, mais toujours actionnaire (à 25% environ du capital). Pour les faire plier, la société, aujourd’hui en procédure de conciliation, menace d’ouvrir une procédure de sauvegarde financière accélérée (SFA). Celle-ci permet de faire adopter un plan à la simple majorité. «Une SFA rallongerait d’environ deux mois le processus, mais le groupe a la confiance de ses principaux créanciers et ses sociétés opérationnelles sont rentables», note un proche du dossier.
Le projet concurrent mené par Leyton a donc été écarté. Le numéro deux du secteur, français lui aussi, se proposait de reprendre Alma CG, pourtant trois fois plus gros en termes de revenus (170 millions contre 60 ), avec le soutien de Marc Eisenberg, comme l’avait révélé L’Agefi fin juillet. Il offrait aux créanciers, selon les options, un versement cash de 65 à 85 millions et la promesse de récupérer à la sortie jusqu’à 53% de leur mise. Ses promoteurs mettaient surtout en avant l’intérêt industriel de ce mariage, dans un secteur en crise où la guerre des prix fait rage.
Une vision rejetée par les dirigeants en place. Leur plan d’affaires «prévoit une croissance des revenus de l’ordre de 15% à 25% d’ici à fin 2017. A cet horizon, l’international devrait représenter 40% du chiffre d’affaires, contre 20% environ aujourd’hui, et la moitié des résultats», indiquait Hervé Amar à L’Agefi fin juillet.
Si le processus aboutit, Alma sera le dernier LBO en date, monté lors de la bulle d’avant-2007, à s’achever par une prise de contrôle des créanciers. Quelques semaines après Vivarte, le record du genre.
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