Agnelli pourrait vendre Cushman & Wakefield quatre fois son prix d’achat

Exor, la holding familiale, cherche à céder le troisième conseil immobilier mondial acquis fin 2006. Un prix de 2 milliards de dollars est évoqué.
Laure BERGALA

Le troisième spécialiste des services immobiliers d’entreprises au monde serait à vendre. Selon le Wall Street Journal (WSJ), la famille Agnelli projette de céder Cushman & Wakefield, dont elle détient actuellement 81% du capital. Exor, la holding familiale, aurait engagé Goldman Sachs et Morgan Stanley pour ce projet de cession. «Aucune transaction n’est actuellement engagée», a toutefois déclaré un porte-parole du Cushman.

La famille Agnelli, propriétaire notamment de Fiat Chrysler Automobiles et de la Juventus de Turin, avait versé 565,4 millions de dollars (498,2 millions d’euros) pour acheter 67,5% du capital de Cushman & Wakefield il y a huit ans, rappelle le WSJ. La vente du groupe pourrait atteindre les 2 milliards de dollars, presque quatre fois son prix d’achat, selon des analystes du secteur cités par le journal américain.

Cushman & Wakefield est le troisième groupe de services immobiliers au monde derrière CBRE et Jones Lang Lasalle (JLL). Il n’aurait pas l’intention d’être repris par un concurrent direct, dans un secteur sujet à la consolidation depuis la crise, et qui attise l’appétit grandissant de sociétés d’investissement. En septembre dernier, un consortium mené par le géant du private equity TPG a acheté pour 1,05 milliard d’euros DTZ, pour le fusionner avec Cassidy Turley, évalué à plus de 600 millions de dollars.

En décembre 2014, Cushman & Wakefield a acheté Massey Knakal Realty Services, courtier spécialisé dans l’immobilier commercial à New York, après avoir notamment acquis Project Solution Group à Singapour en 2013.

La filiale d’Exor a atteint un Ebitda record de 163 millions de dollars sur les 12 mois entre septembre 2013 et septembre 2014, selon le WSJ. L’augmentation des marges et les acquisitions récentes dans le secteur des services immobiliers ces dernières années ont fait monter le prix de ces firmes jusqu’à plus de 10 fois le montant de l’Ebitda. Acquis fin 2006, juste avant la crise, Cushman & Wakefield enregistrait une perte de 127 millions de dollars en 2009. L’entreprise a vu son chiffre d’affaires passer de 1,5 milliard d’euros fin 2009 à 2,5 milliards d’euros fin 2013, alors en hausse de 20 % sur un an. Ce chiffre d’affaires d’élève à 1,99 milliard d’euros pour les neuf premiers mois de 2014.

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