Agnelli pourrait vendre Cushman & Wakefield quatre fois son prix d’achat
Le troisième spécialiste des services immobiliers d’entreprises au monde serait à vendre. Selon le Wall Street Journal (WSJ), la famille Agnelli projette de céder Cushman & Wakefield, dont elle détient actuellement 81% du capital. Exor, la holding familiale, aurait engagé Goldman Sachs et Morgan Stanley pour ce projet de cession. «Aucune transaction n’est actuellement engagée», a toutefois déclaré un porte-parole du Cushman.
La famille Agnelli, propriétaire notamment de Fiat Chrysler Automobiles et de la Juventus de Turin, avait versé 565,4 millions de dollars (498,2 millions d’euros) pour acheter 67,5% du capital de Cushman & Wakefield il y a huit ans, rappelle le WSJ. La vente du groupe pourrait atteindre les 2 milliards de dollars, presque quatre fois son prix d’achat, selon des analystes du secteur cités par le journal américain.
Cushman & Wakefield est le troisième groupe de services immobiliers au monde derrière CBRE et Jones Lang Lasalle (JLL). Il n’aurait pas l’intention d’être repris par un concurrent direct, dans un secteur sujet à la consolidation depuis la crise, et qui attise l’appétit grandissant de sociétés d’investissement. En septembre dernier, un consortium mené par le géant du private equity TPG a acheté pour 1,05 milliard d’euros DTZ, pour le fusionner avec Cassidy Turley, évalué à plus de 600 millions de dollars.
En décembre 2014, Cushman & Wakefield a acheté Massey Knakal Realty Services, courtier spécialisé dans l’immobilier commercial à New York, après avoir notamment acquis Project Solution Group à Singapour en 2013.
La filiale d’Exor a atteint un Ebitda record de 163 millions de dollars sur les 12 mois entre septembre 2013 et septembre 2014, selon le WSJ. L’augmentation des marges et les acquisitions récentes dans le secteur des services immobiliers ces dernières années ont fait monter le prix de ces firmes jusqu’à plus de 10 fois le montant de l’Ebitda. Acquis fin 2006, juste avant la crise, Cushman & Wakefield enregistrait une perte de 127 millions de dollars en 2009. L’entreprise a vu son chiffre d’affaires passer de 1,5 milliard d’euros fin 2009 à 2,5 milliards d’euros fin 2013, alors en hausse de 20 % sur un an. Ce chiffre d’affaires d’élève à 1,99 milliard d’euros pour les neuf premiers mois de 2014.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant