Afflelou veut profiter de l’appétit des investisseurs pour le haut rendement
La prochaine entrée sur le marché primaire de la dette d’Alain Afflelou traduit l’appétit des investisseurs pour le segment du haut rendement (high yield). L’enseigne d’optique française détenue depuis juillet 2012 par le fonds de capital-investissement britannique Lion Capital a ainsi officiellement déclenché le processus d’émission de 365 millions d’euros de dette senior sécurisée de maturité 2019 notée «B» par S&P et «BB- » par Fitch, et de 75 millions d’euros de dette senior subordonnée de même maturité, notée «CCC+» par S&P et Fitch.
Grace à cette opération dirigée par JPMorgan, Credit Suisse, UniCredit, Crédit Agricole et BNP Paribas, l’enseigne espère ainsi refinancer sa dette bancaire senior ainsi que sa dette mezzanine estimées à 422 millions d’euros à la fin du mois de mars 2014, en intégrant les intérêts courus non payés. L'émission intervient seulement six mois après qu’Afflelou eut aménagé ses clauses contractuelles (covenants) auprès de ses banques créancières. Le LBO de Lion Capital, qui valorisait l’entreprise à 780 millions d’euros, a été financé avec une dette senior de 320 millions et une dette mezzanine de 110 millions.
L’opération confirme l’intérêt des investisseurs pour les émissions notées en catégorie spéculatives. La semaine dernière, l’opérateur télécom italien Wind Telecomunicazioni noté B2 par Moody’s était venu sur le marché primaire pour lever quelque 3,75 milliards d’euros, ce qui porte son exposition à la dette senior sécurisée à 6,1 milliards. Cette émission constitue en outre un record depuis celle de 5,6 milliards de dollars réalisée en octobre dernier par T-Mobile US et traduit «l’appétit des marchés de capitaux pour le risque», selon Moody’s.
Environ 30% des émissions réalisées la semaine dernière concernaient des opérations «high yield» ou non notées, pour un montant de 8,6 milliards d’euros, selon les données Bloomberg. En outre, suite à l’annonce officielle du rachat de SFR par Altice-Numericable, les deux sociétés notées B1 par Moody’s ont prévu de lancer des émissions libellées en euro et dollar de respectivement 6 et 4,15 milliards d’équivalent euros. Moody’s constate néanmoins une amélioration de la qualité de crédit des sociétés européennes notées en catégorie investissement avec un taux de défaut qui est tombé à seulement 2,7% en mars, contre un niveau qui était encore de 4,4% à la fin du mois de décembre 2013.
{"title":"","image":"80930»,"legend":"Emissions sur les cr\u00e9dits»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le luxe, le tourisme et le BTP reprennent des couleurs en Bourse grâce à l'accord américano-iranien
La chute du prix du pétrole liée à la perspective de la fin de la guerre au Moyen-Orient fait grimper les marchés en Europe. Certains secteurs en profitent particulièrement. -
Schneider va renforcer son expertise technologique dans l'IA grâce à Foxconn
L’équipementier électrique français a signé un partenariat stratégique avec le groupe électronique taïwanais en vue de développer une nouvelle génération de centres de données. -
La suspension des derniers modèles d'Anthropic illustre les faiblesses de l'Europe
Le gouvernement américain a ordonné à Anthropic, vendredi, de suspendre immédiatement l’accès à ses modèles d’IA Fable 5 et Mythos 5 pour tous les utilisateurs étrangers. Le modèle d’IA devient un actif stratégique pour Washington, au même titre que les puces et les infrastructures.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
Contenu de nos partenaires
-
Le concierge 2.0, chef d’orchestre de l’invisible
Exit l’image feutrée du concierge en livrée derrière un comptoir d’hôtel. A mesure que sa clientèle s’est mondialisée et que la possession a cédé du terrain à l’expérience, le métier a muté. A l’heure de l’IA, les concierges se réinventent en véritables chefs d’orchestre. -
Un comportement « erratique » : Jordan Bardella multiplie les critiques à l’égard de Donald Trump
Dans un entretien à Politico le 15 juin, Jordan Bardella critique le comportement « erratique » de Donald Trump. Le président du RN estime que l’Europe doit se préparer à un possible désengagement américain en matière de défense du continent -
Ecce écoPouvoir d’achat : un peu d’ambition pour la présidentielle !
Une vraie politique de pouvoir d’achat doit avoir pour ambition d’augmenter la taille du gâteau, c’est-à-dire de créer davantage de richesse