«Affine est ouvert à un rapprochement dans le cadre d’un mariage entre égaux»
Maryse Aulagnon, PDG d’Affine, revient pour L’Agefi sur la stratégie de recentrage de la foncière et sur ses ambitions de développement.
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Bruno de Roulhac
La foncière Affine est présente en France et en Belgique dans les bureaux et les commerces.
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Centre Lilleurope. Photo Affine.
Dans un secteur des foncières en pleine concentration, Affine fait partie des quelques groupes qui constituent les dernières cibles potentielles. Avec 31,7% du capital et 47,4% des droits de vote, Holdaffine, détenue par les dirigeants de la foncière, garde la main sur l’avenir du groupe.
Maryse Aulagnon : Nous souhaitons faire évoluer notre structure capitalistique qui ne convient plus à notre nouvelle stratégie de développement. Nous regrettons, par exemple, de n’avoir aucun investisseur institutionnel au-dessus de 2%. Dans la perspective d’importantes acquisitions, nous aimerions former un club deal avec deux ou trois actionnaires.
Quel rôle comptez-vous jouer dans la concentration du secteur ?
Au niveau international, le seuil de visibilité pour une foncière est aujourd’hui de l’ordre d’un milliard d’euros de capitalisation [contre 156 millions actuellement pour Affine, ndlr]. Pour y parvenir, nous sommes ouverts à un rapprochement avec une foncière, mais uniquement dans le cadre d’un mariage entre égaux. Ce qui nécessite d’avoir le même profil de patrimoine et de partager notre stratégie industrielle. Certains acteurs ont tenté de nous approcher, mais avec des profils trop différents de nos attentes. L’un dispose d’une forte présence en régions, mais avec de petits immeubles, comme ceux que nous vendons actuellement. L’autre affiche un portefeuille proche de notre typologie, mais avec une dispersion en France, alors que nous venons justement de nous recentrer sur Paris et les six principales métropoles régionales.
Cession prévue du pôle logistique
Quel est votre profil actuel ?
Nous sommes présents en France et en Belgique dans les bureaux et les commerces, qui pèsent respectivement 75% et 25% de notre portefeuille. Cette double activité nous permet d’accéder à certains immeubles, face à des investisseurs concentrés sur les seuls bureaux. Nous comptons finaliser cette année la cession de notre pôle logistique, qui compte encore 70 millions d’euros d’actifs.
Grâce à la clarification de notre stratégie, les courtiers nous proposent directement les produits qui entrent dans notre cœur de cible, tandis que les promoteurs sont plus ouverts à des opérations de gré à gré. Ce qui nous permet d’éviter de perdre du temps et de l’argent dans des due diligences d’appels d’offres.
Où en est le redressement de votre filiale belge, Banimmo ?
Banimmo consacre actuellement beaucoup d’attention à Urbanove, dans laquelle elle détient 44,5% aux côtés d’investisseurs publics et privés ; celle-ci s’est en particulier engagée dans trois projets qui se sont révélés surdimensionnés. Celui de Charleroi a été abandonné, celui de Verviers revu en forte baisse et celui de Namur conservé. Pour le reste, Banimmo travaille sur des projets importants, tant en Belgique (la Hulpe à Bruxelles) qu’en France (rénovation du Marché Saint-Germain) et s’attache à mieux les faire connaître pour favoriser la remontée du cours. En effet, si le cours de Banimmo évolue autour de 5,5 euros, son actif net réévalué (ANR) qui comporte d’importantes plus-values latentes, était de 11,20 euros fin 2015.
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