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2024, vers une bonne année pour les fonds de dette privée
La persistance de taux directeurs élevés, la conjoncture économique en berne et la lenteur des banques à accorder des crédits pourraient être les ingrédients d’une bonne année pour le marché des financements privés, au travers notamment des fonds de dette privée. La liquidité limitée de ces derniers nécessite en revanche d’avoir un horizon d’investissement à long terme. Alors, quelles sont les tendances en Europe ? Quelle place la classe d’actifs prend-elle au sein des portefeuilles des investisseurs institutionnels ? A quoi pourrait-on s’attendre dans les mois à venir ?
La place des fonds de dette privée face au financement bancaire
Aux États-Unis ou aux Pays-Bas, les entreprises se financent majoritairement via les fonds de dette privée, jusqu'à 80% de leur financement parfois. Mais cette dynamique se transpose difficilement en Europe, et encore moins en Allemagne, où le fameux Mittelstand reste principalement financé par les banques. Cependant, une brèche semble s’ouvrir. Avec des banques désormais contraintes de renforcer leur couverture pour les crédits de moins bonne qualité, les fonds de dette privée pourraient bien trouver leur voie. Actuellement, seulement 10% à 15% du financement des PME européennes passent par ces fonds. Mais face à une réglementation et des critères bancaires de plus en plus stricts, ce chiffre devrait augmenter.
Un test pour la classe d’actifs
L’environnement actuel, marqué par des taux d’intérêt élevés, met à l'épreuve certains financements mis en place dans un environnement de taux zéro, ce qui permet de distinguer les stratégies plus ou moins porteuses. Dans les configurations les moins rentables ou les moins liquides, ou avec un ratio d’endettement élevé, les opérations sont mises à mal lorsque l’on tient compte d’un taux de base autour de 4% comme c’est le cas actuellement.
Les institutionnels investissant dans des fonds de dette privée auront ainsi une meilleure visibilité sur les fonds qui ont su choisir judicieusement leurs secteurs et entreprises, structurer efficacement leurs investissements, et naviguer avec agilité en cas de restructuration. Il s’agit du premier véritable test auquel fait face la classe d’actifs depuis longtemps. Après une phase délicate, mais courte et limitée en termes de secteurs pendant la pandémie de Covid-19, ce test concerne désormais un plus large éventail d’entreprises et une période plus longue.
Des rotations potentielles au sein des portefeuilles des institutionnels
L’actuel marché semble pousser les investisseurs institutionnels vers une augmentation de leur allocation en dette privée. Avec un rendement potentiel de 10 à 12% pour des financements unitranche à un taux directeur de 4%, la dette privée offre une alternative intéressante. Les investisseurs en private equity, confrontés à des prix d’achat élevés, à des durées de détention plus longues et à des nécessités d’apport en capital propre, pourraient voir dans la dette privée un complément attrayant.
Le choix de la classe d’actifs dépend d’un équilibre entre risque et rendement, liquidité et alternatives d’investissement. Les investisseurs les plus avertis, ayant déjà une expérience solide en private equity, s’orientent donc désormais activement vers la dette privée et envisagent actuellement une restructuration active. En effet, ils ont investi généralement dans des fonds de private equity établis de longue date et peuvent maintenant vendre les entreprises détenues sur le marché secondaire au-dessus du prix de revient, soit pour augmenter la liquidité, soit pour réduire la part de private equity afin d’augmenter celle de la dette privée. Il en résulte donc un potentiel particulièrement important de flux financiers vers les placements secondaires et les placements en dette privée.
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